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Mercedes, Feist et Françoise Hardy.
Dans
les loges, avant les balances, on gratte les guitares et on boit des
bières. Kanterbrau qui sponsorise fournit des clés USB pour télécharger
des morceaux live des jours précédents. C'est Mercedes Audras qui ouvre
les concerts.
Le
parterre est clairsemé, la pluie n'arrange rien, pourtant dans quelques
mois tout le monde parlera de son nouvel album co-produit avec Henri
Graetz - il a collaboré avec Philippe Katerine et les Superflu. Audras
chante de la pop ouvragée avec flamme et pudeur: Les Deux qui s'aiment cartonne et sa version de Porque te vas est repris en choeur.
Dans son prochain disque, on entendra Yeux d'enfant,
un inédit (paroles et musique) signé Françoise Hardy, des chansons
signées Sally Seltmann (qui a collaboré avec Feist) et de M-Clan,
groupe espagnol superstar. Ce sera pour l'année prochaine. Si tout va
bien.
Gilles Médioni -
- 2008
Mercedes Audras - "Les deux qui s'aiment"
Entre pop légère et mélodies exotiques, Mercedes
Audras nous revient avec un album aux saveurs sucrées et éclectiques.
Tout commence avec des papillons dans les jambes qui se prennent à
sautiller. Plus nous avançons dans les mondes de la voyageuse,
plus les guitares se font exotiques, plus les rythmes se chaloupent. Avec
des vagues argentines dans la voix qui viennent caresser nos côtes,
elle chante sans métaphore, mais avec un goût assumé
pour le verbe brut. Le texte ne reste pas toujours, mais la mélodie
nous attrape par les reins. Se rencontrent deux langues pour chanter les
mêmes émotions, avec des chaleurs différentes. Deux
visages nous embrassent avec le même regard, celui d'une femme touchante
et transportée par tout ce qui lui offrent les cultures qui l'habitent.
La rencontre laisse quelques traces et invite à reprendre sans
attendre son dictionnaire d'espagnol.
Arnold Faivre -
- Février / Mars 2007 |
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Les Deux qui s'aiment - Mercedes Audras
Qui ? Cette figure de la pop française a déjà marqué
son territoire, en 1996, avec un premier album coréalisé
par Katerine et les Innocents et parrainé par Etienne Daho. Depuis,
Mercedes Audras la nomade s'est baladée de son Buenos Aires natal,
où elle s'est produite au musée d'Art moderne, à
Madrid, où on l'a entendue sur la compilation très tendance
Hidden Songs. Elle a aussi composé des musiques de films et de
pièces de théâtre.
Quoi ? Un bel album lyrique, tourmenté, Les Deux
qui s'aiment, coréalisé avec Edith Fambuena et Jean-Louis
Pierot (ex-Valentins), qui sort sur son propre label: Chicas. Mercedes
Audras chante l'amour ou l'absence, en français et en espagnol.
Son folk noir a des accents à la Velvet Underground. Elle empoigne
aussi les airs radieux et nerveux d'une pop adulte, avant de s'offrir
un voyage du côté de Julio Iglesias avec la reprise d'Abrazame.
Ecoutez-la.
Gilles Médioni -
- 8 mars 2007 |
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«Les deux qui s'aiment» de Mercedes Audras
Tout au long de sa carrière Mercedes Audras a su s'entourer d'artistes
aussi singuliers que talentueux. Elle nous revient aujourd'hui avec «Les
deux qui s'aiment», un album pop-rock chaleureux qui fait rimer
tendresse avec mélancolie. Interview.
Vous qui partagez votre temps entre l'Argentine et la France,
que pouvez-vous nous dire sur la vie gay là-bas ? Est-ce un pays
ouvert sur ce sujet ?
Vous savez, il y a seulement 30 ans, l'Argentine était sous la
dictature. Dans les années 70, les militaires étaient au
pouvoir et un jeune garçon avec des cheveux longs qui se promenait
dans la rue était traité de «puto» (pédé)
et pouvait être mis en prison. Vous imaginez donc les homosexuels
! Ce pays a trop connu la peur, les disparitions, les trahisons, la dictature,
etc. Tout cela a engendré l'inévitable «chacun pour
soi» par méfiance mais aussi par incompréhension.
Dans les années 90, mes meilleurs amis, Walter et Adrian, qui sont
ensemble depuis plus de 10 ans et qui vivent à Buenos Aires, me
racontaient que les jeunes fêtaient la gay pride masqués.
Aujourd'hui ce n'est plus le cas, fort heureusement ! Les gens manifestent
de plus en plus, ça avance doucement... mais sûrement ! Je
l'espère en tout cas.
Vous sentez-vous parfois déracinée ?
Le fait d'avoir voyagé si petite m'a donné une grande liberté,
celle de me sentir partout chez moi. L'Argentine est un pays qui a du
caractère. Il vous marque, comme la France. J'ai appris à
vivre pleinement les moments où je me trouve ici ou là-bas.
Je ne veux pas qu'il y ait de déchirures, de manques. Toute ma
famille vit à Buenos Aires et dès que je le peux, je pars
les retrouver. Mais j'ai aussi une grande tendresse pour Paris. J'adore
cette ville et je la connais très bien. J'aime m'y promener. Je
marche beaucoup ici, je me sens chez moi. Encore aujourd'hui, je n'ai
pas un seul endroit où je me sente chez moi mais plusieurs.
Votre chanson "Les Deux qui s'aiment" semble totalement
dépourvue de genre, est-ce un choix délibéré
de votre part?
J'aurais beaucoup aimé répondre à cette question
car cela aurait voulu dire que j'ai écrit Les Deux qui s'aiment.
Malheureusement, je n'ai écrit ni les paroles, ni la musique. C'est
une chanson qui m'accompagne depuis des années, qu'Edith Fambuena
[l'ancienne chanteuse des Valentins] a composée peu de temps après
notre rencontre. Il y a peut-être un jeu de cache-cache, c'est vrai.
Qui sont ces fameux «deux qui s'aiment» ? C'est une question
à laquelle seule Edith pourrait répondre. Et puis, c'est
très bien que tout le monde s'y reconnaisse car l'amour entre adultes
consentants n'a pas de sexe.
Le clip est aussi légèrement crypto-lesbien,
non ?
Cette question tombe à pic! Je vais laisser répondre Maria
Audras, qui est ma sœur et la réalisatrice du clip.
Maria : L'idée du clip était de créer un
trouble sur l'identité de la vraie chanteuse. Pour cela nous avons
choisi des jeunes femmes du même style. Dans un premier temps, elles
se chuchotent les paroles à l'oreille comme dans un casting. Elles
séduisent la caméra, sont complices et chipies entre elles,
puis finissent par se pousser pour prendre la place l'une de l'autre,
et cela se corse... Nous avons voulu faire un clip léger, frais
et féminin. Ces femmes, qu'elles soient homos ou hétéros,
se regardent, sont charmeuses, se séduisent mais peuvent être
aussi des teignes.
Mercedes : Ce clip, à ma grande surprise, connaît
un réel succès. Beaucoup de gens m'en parlent via MySpace.
Il plaît autant aux hétéros, qui sont troublés,
qu'aux homos, autant aux femmes qu'aux hommes et c'est tant mieux! Mon
autre sœur, Rosario, qui est en ce moment à Caracas au Venezuela
pour une pièce de théâtre, l'a montré là-bas
et les personnes qui l'ont vu étaient emballées.
Il est perceptible qu'il existe une réelle complicité
entre les protagonistes de ce clip. Sont-elles actrices ou sont-ce des
amies ?
Mercedes : Je ne les connaissais pas avant le tournage, ou tout
juste de vue pour la plupart. Nous nous croisions dans les mêmes
endroits lorsque nous sortions boire un verre. Quand je suis allée,
avec ma grande timidité, leur demander si elles voulaient bien
participer à un clip, elles ont été adorables et
m'ont tout de suite dit oui. Je suis réellement touchée
et reconnaissante qu'elles aient accepté.
Maria : Il y a effectivement une réelle complicité
entre elles alors qu'elles ne se connaissaient pas. J'ai fait en sorte
qu'elles se rencontrent avant le tournage, de faire des bouts d'essais
afin qu'elles puissent se détendre, s'amuser et ainsi avancer sur
les différents cadres, scènes et lumières. Pour la
plupart, il s'agissait de leur première expérience face
à une caméra. Je leur ai demandé de connaître
la chanson par cœur pour qu'on ne puisse pas identifier la vraie
chanteuse. Je dois dire qu'elles ont été très professionnelles,
d'autant que nous n'avions qu'une demi-journée de tournage…
Au fil de votre carrière, vous avez véritablement
côtoyé le meilleur de la scène pop-rock française.
Que gardez-vous de votre collaboration avec des personnages aussi charismatiques
qu'Etienne Daho, Dominique A ou encore Katerine ?
Ils ont tous un point commun: une grande générosité.
Etienne est celui qui m'a le plus appris, guidée et influencée.
Avec lui, j'ai énormément de souvenirs et pas seulement
musicaux. C'est un homme très humble de son talent et de son don.
C'est très agréable de travailler avec lui car c'est une
personne très positive, drôle et tendre. Il m'a toujours
donné l'impression que tout était facile car il vit pleinement,
avec un enthousiasme communicatif tout ce qu'il entreprend. S'il y a quelque
chose que j'ai gardé de lui, encore aujourd'hui, c'est ça
! Il a été à la base de ma formation musicale avec
Edith Fambuena. J'ai travaillé avec Katerine sur mon premier album.
Il est venu habiter chez moi, le temps de mettre en forme les chansons,
c'est une personne qui a beaucoup d'humour, très malin, j'aime
beaucoup son dernier album et quelque part je le retrouve bien. Avec Dominique,
nous avons fait de la scène ensemble en Belgique, c'est une belle
rencontre aussi. À cette époque, il chantait avec Françoiz
Breut. C'est comme cela que nous sommes venus à faire un duo ensemble.
Quelles sont vos influences musicales et où puisez-vous
votre inspiration pour l'écriture de vos textes ?
Lorsque j'avais 14 ou 15 ans, j'écoutais les Pretenders, Janis
Joplin, Carole King, Kate Bush, Cat Stevens, The Mamas and Papas, The
Jackson Five, The Supremes, Jefferson Airplaine ou encore David Bowie.
Mais aussi beaucoup de bossa nova, Vinicius de Moraes, Caetano Veloso,
Toquinho, Maria Bethânia, Astrud Gilberto, Joao Gilberto ou Gilberto
Gil. Ces artistes ont marqué ma vie et m'ont donné l'envie
de faire de la musique. La toute première chanteuse qui m'a profondément
marquée c'était Joan Baez !
Vous avez collaboré à plusieurs BO de films.
Est-ce un exercice que vous appréciez particulièrement ?
C'est un exercice différent en effet. Le moment que j'aime le plus,
c'est lorsque je découvre la musique qui habille les images sur
grand écran. C'est magique ! C'est une sensation très particulière
car l'émotion est double. Il y a l'histoire du film qui forcément
me touche (sinon je n'aurais pas pu composer) et la musique. C'est difficilement
explicable. C'est comme la première fois où j'ai joué
dans un groupe quand j'étais adolescente en tant que bassiste.
Tu te dis que le son de basse que TU joues contribue à l'ensemble
musical que l'on entend. Je me souviens bien de cette première
fois, je devais avoir 14 ans... Pour en revenir aux BO, j'aime à
la fois beaucoup la composition et le stress que cela me procure qui est
10 fois supérieur : au final, il faut que cela plaise au réalisateur,
que cela entre dans son univers.
Abrazame a donné le frisson à plus d'une…
Que gardez-vous de cette participation au film Pourquoi pas moi de Stéphane
Giusti ?
Ma participation a été toute simple. Edith, qui a réalisé
la BO du film, m'a un jour téléphoné pour savoir
si j'avais envie de chanter une chanson de Julio Iglesias pour un film.
Il fallait interpréter cette chanson en espagnol et en italien.
J'ai bien évidemment accepté, c'est le genre d'aventure
que j'aime. Je suis donc passée chez elle, j'ai chanté,
on a enregistré et quelques mois plus tard, j'ai découvert
le résultat lors d'une projection en avant-première. Le
film est très bien, très drôle. On sent qu'ils se
sont amusés et c'est un bon moyen pour faire passer des messages.
Pourquoi avoir créé votre propre label, Chicas
Recording ?
C'est tout simplement quelque chose que je voulais faire depuis très
longtemps, un rêve qui se réalise. Une nouvelle aventure!
J'aimerais produire d'autres artistes, ouvrir le label et que cela leur
serve.
Quels sont les artistes de la scène pop-rock actuelle
qui vous font vibrer ?
J'aime beaucoup Kaolin, je trouve que ce chanteur a une douceur et une
sensibilité dans la voix et dans ses textes toute particulière.
J'aime aussi Anaïs que j'avais découverte dans une salle plus
intimiste à l'époque. J'ai adoré son concert ! Il
y a Feist aussi, et toujours Muse, Travis, Coldplay, Franz Ferdinand,
les Strokes, Raphaël, M, et beaucoup d'autres…
Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Des concerts, des concerts et encore des concerts ! Nous sommes à
la recherche d'un tourneur mais les programmateurs de salles et de festivals
peuvent toujours nous contacter à l'adresse du label, Chicas Recording.
J'aimerais aussi faire des premières parties dans de grandes salles.
Je répète en ce moment avec Michael Ohayon, un ami et un
très bon guitariste, nous sommes juste deux sur scène, il
est à la guitare électrique et moi électro-acoustique.
Cela nous permet de pouvoir nous déplacer plus facilement et surtout
de garder les arrangements de guitares plus rock sur des chansons comme
Pensando en ti ou Les Deux qui s'aiment. Je pense aussi à mon prochain
album, à de nouvelles chansons. J'aimerais retrouver Etienne Daho
pour l'écrire et le réaliser, avec Edith bien sûr.
Le site de Mercedes Audras: www.mercedesaudras.com
Son MySpace: www.myspace.com/mercedesaudras
Tatiana Potard -
- Copyright tetu.com - 2007 |
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MERCEDES AUDRAS « Les deux qui s’aiment »
Le nouvel album familial et chaleureux d’une chanteuse à
la fois d’ici et d’ailleurs.
Il y a dix-huit ans, elle adapte en français dans le texte une
chanson des Comateens. Il y a seize ans, la même mélodie
se trouve affublée de vers castillans, pour le plus grand bonheur
des Innocents. Il y a dix ans, après des rencontres successives
avec Daho, Bill Pritchard et des hommages à Nico et au Velvet Underground,
Mercedes Audras enregistre son premier album en compagnie de Katerine.
Voila, c’est évident : lorsqu’on est franco-milano-argentine,
et que Françoiz Breut, Les Valentins ou Autour de Lucie peuvent
sonner tout sourire à la porte, le temps finit par se dilater,
et les choix par s’effacer (chanson, musiques de scènes,
musiques de films, création de label : pourquoi se priver de l’un
de ces plaisirs ?).
Les deux qui s’aiment n’est donc que le troisième
disque en nom propre d’Audras les yeux clairs, plus clairement partagé
que ses prédécesseurs en texte hexagonaux et chants hispaniques,
en folk-songs en apesanteur et martèlement hérité
du I’m Waiting for My Man cher à Lou Reed.
On y croise en effet une version pétaradante d’un Perfidia
(ah, Xavier Cugat !) ancré dans les mémoires, ou d’un
classique de Julio Iglesias, conjointement à l’expression
mélancolique du temps et de l’amour qui passent (Tu ne dis
rien). Edith Fambuena est aux manettes de la mise en ondes d’un
chant timide comme un rêve d’enfant, et d’une luxuriance
de guitares acoustiques, au sein desquelles se glisse parfois, toujours
aussi malicieux et inventif, le cornet de Médéric Collignon.
Et, ainsi, l’arbre généalogique musical de Mercedes
Audras (n’oublions pas : il s’agit d’un disque familial,
bébé inclus) se pare d’un vert tendre, aux nervures
charriant la sève d’un bien doux talent.
Christian Larrède -
- Novembre 2006
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Mercedes Audras - La puissance et la grâce
Au fil de sa vie et de sa carrière qui se mêlent et s'entrecroisent,
Mercedes Audras a réuni ce qui se fait de mieux en matière
de pop française, Etienne Daho, Les Innocents, Katerine, Françoiz
Breut, Valérie Leulliot d'Autour de Lucie et aujourd'hui les ex-Valentins
pour la réalisation de son troisième album Les deux
qui s'aiment. Un petit bijou qui mêle pop, rock et rythmes
latinos, l'occasion pour la Dixième Muse de rencontrer l'artiste
passionnée et attachante.
Au milieu des années 80', vous avez rencontré Etienne
Daho, que vous a t-il apporté ?
Etienne a été un exemple pour moi, musicalement, c'est
quelqu'un qui m'a appris énormément. Il m'a donné
la finesse dans la manière de composer, d'arranger, il a aussi
une manière toute particulière d'écrire ses paroles,
il m'a guidée et beaucoup inspirée. De plus, il m'a apporté
toute une culture musicale que je n'avais pas. Quand je l'ai connu, j'étais
très jeune, il y a plein de groupes que je ne connaissais pas,
comme le Velvet Underground que j'ai connu grâce à lui, et
j'ai pu grâce à lui voir le dernier concert de Nico à
Paris. Il y a eu plein d'aventures, plein de richesses, et ceci autant
dans le milieu artistique qu'humain. C'est quelqu'un d'extrêmement
humble dans tout ce qu'il fait et j'apprends beaucoup à ses côtés.
Votre nouvel album Les deux qui s'aiment est réalisé
avec Jean-Louis Pierot et Edith Fambuena. A quand remonte votre rencontre
avec les ex-Valentins ?
J'ai connu Les Valentins à l'époque de Pop Satori
de Daho, justement. J'y avais fait ma première expérience
en studio en poussant un cri sur la chanson 4000 années d'horreur.
Après ça, il est parti en tournée quand il est rentré
d'Aix-en-Provence, il m'a dit qu'il avait rencontré un groupe composé
de deux garçons et d'une jeune fille qu'il avait envie de produire.
Ils sont restés en contact puis ils sont venus à la maison,
à cette époque j'habitais avec Etienne, et c'est comme ça
que j'ai rencontré Edith Fambuena, Jean-Louis Pierot et Gérald
de Palmas.
Comment s'est passé l'enregistrement ?
J'ai commencé à enregistrer des chansons chez moi, dans
mon studio et j'avais très très envie de reprendre la chanson Les deux qui s'aiment qui est une chanson qu'Edith avait écrite
il y a longtemps, à l'époque de notre rencontre. Une chanson
que j'ai toujours adorée, que j'avais gardée de côté
et comme on ne l'avait pas choisie sur mon premier album, je me suis dit
que c'était le moment de le faire. J'en ai parlé à
Edith et on l'a enregistrée en studio avec Pensando en Ti,
la chanson des Comateens, avec de très très bons musiciens
qui sont venus gracieusement travailler sur cet album que nous n'avions
pas les moyens de produire, comme Philippe Entressangle et Alain Ekpob,
qui travaille beaucoup avec Miossec et d'autres artistes.
Comment travaillez-vous la composition des morceaux et l'écriture
des textes ?
A chaque fois, je commence par écrire la musique et finalement
cela va assez vite parce qu'on met tellement de temps avant de s'y mettre
vraiment. C'est dans la tête et dans les ordi, donc au moment où
on s'y met vraiment, ça sort tout seul. Après viennent les
paroles, selon que la mélodie est rapide ou plutôt lente
; les paroles vont avec l'état d'esprit dans lequel je suis.
Autre titre qui figure sur cet album, Abrazame est une
chanson que vous interprétez dans le film Pourquoi pas moi
? de Stéphane Giusti. Comment avez-vous été
amenée à y chanter et que pouvez-nous nous dire sur ce film
?
Au départ, les deux comédiennes du film devaient le faire
mais apparemment il y avait des soucis dans l'interprétation. Edith
m'a appelée et m'a dit : "Ecoute Mercé, est-ce que
tu veux venir chanter une chanson en espagnol et en italien ?" parce
que dans le film, la chanson commence en espagnol et finit en italien.
Elle m'a dit : "Viens à la maison, il faut qu'on enregistre
ça". Je l'ai fait avec plaisir et ça m'a beaucoup amusée.
Pour en revenir au film, il y a un bon esprit, il est drôle, cela
change des films d'une certaine époque où tout le monde
se suicidait... où c'était lourd de vivre son homosexualité.
Revenons à la musique, qu'est-ce qui vous a amenée
à monter votre propre label "Chicas Recording" ?
Tout simplement pour être beaucoup plus indépendante, pour
pouvoir faire l'album que j'avais envie de faire, pour travailler avec
qui j'avais envie de travailler. C'est une indépendance, ne pas
attendre le feu vert des maisons de disques pour entrer en studio, pouvoir
avancer à son rythme. Les maisons de disques ont parfois un autre
rythme, un autre regard sur les choses et parfois il vaut mieux peut-être
avancer soi-même.
Quel regard portez-vous sur l'actuelle scène pop et plus
particulièrement sur la nouvelle scène pop féminine
?
Je trouve que cela s'est beaucoup développé, il y a beaucoup
de nouveautés et de surprises. J'ai découvert Anaïs,
quelqu'un que j'adore, sur scène. Il y a un an, elle faisait une
petite salle et j'étais allée la voir parce qu'on m'avait
dit : "Viens voir cette jeune fille sur scène". Je ne
connaissais pas du tout son travail et je l'ai découverte. De la
même manière je trouve que Camille a un univers très
particulier aussi, il y a beaucoup de personnes avec un réel univers.
La Grande Sophie c'est aussi quelqu'un que j'aime beaucoup. Elles font
partie des artistes qui me touchent.
Vous partagez votre temps entre la France et l'Argentine votre
pays natal, que vous apporte cette double culture ?
J'ai commencé à voyager j'avais six ans. Je suis partie
d'Argentine à l'époque des militaires. Ma mère, qui
est sculpteur et peintre, avait envie que ses trois filles connaissent
autre chose que le machisme de l'époque. C'était un pays
sous dictature, on en est partis tous les cinq et on a habité en
Italie pendant trois ans. Beaucoup de cultures se sont croisées
et quand on offre à un enfant la possibilité de parler d'autres
langues, forcément l'esprit, les mentalités s'ouvrent. On
apprécie beaucoup mieux après - enfin c'est ce que je ressens
- la possibilité de pouvoir s'adapter un peu partout, grâce
à tous ces voyages et à toutes les richesses de ces différentes
cultures.
Vous allez bientôt partir en tournée, qu'est ce
qu'on peut attendre d'un concert de Mercedes Audras ?
Hou la la, ça, je ne sais pas ! Il faudrait avoir l'avis de ceux
qui sont déjà venus me voir sur scène. C'est un moment
qui me plait énormémént et j'espère donner
et que cela se ressente, que les gens ressentent le plaisir que j'ai sur
scène.
Propos recueillis par Peggy Deweppe -
- Janvier/Février 2007. |
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DAISYPOPP - Selon l'humeur
Musique, pop, folles et plantes !
[ Mercedes Audras ] - [ @ 13:34:16 ] novembre 2006
Le retour le plus inespéré et inattendu de l'année
! Celui de Mercedes Audras. C'est un soir en regardant d'un oeil le JT
de France 3 début novembre que j'entends "Mercedes Audras
petite fée de la pop française blablabla est de retour avec
un nouvel album". Improbable alors qu'on se demandait quelques jours
plus tôt si elle était toujours vivante. Mercedes est bel
et bien vivante grâce à son opiniâtreté et son
talent. Les deux qui s'aiment sans doute l'album que l'on attendait le
moins et celui qui nous fait le plus plaisir.
Mercedes Audras est d'origine argentine mais est arrivée à
Paris très jeune. Elle a été choriste chez Daho sur
la chanson 4000 années d'horreur. Dans la bande à la nouvelle
pop française des années nonantes liée au Village
Vert et à Lithium (Autour de Lucie, Dominique A, Katerine, Bertrand
Betsch, ...) elle est celle qui est le moins sur le devant de la scène.
Pourtant son premier album éponyme 1996 produit par Katerine est
un joli disque de chansons certes très classiques (sa fameuse guitare
sèche) mais très élégantes (Mon ange, Adonde,
Fatiguée, ...). Elle collaborera par après avec Edith Fambuena
(des Valentins) notamment sur ce nouveau disque. Je n'ai pas encore reçu
l'album. Mercedes Audras m'a gentiment envoyé quelques chansons
dont Les deux qui s'aiment (que je vous invite à aller écouter
sur sa page Myspace) qui est le rayon de soleil de cet automne. Une chanson
à la guitare énergique et au texte légèrement
nostalgique mais très ensoleillé. Woouooooooo wouowouoooooooooooooooooooo
...

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Mercedes Audras « Les deux qui s’aiment »     
Après quelques albums et une période d’écriture
pour le Théâtre et le Cinéma (Pourquoi pas moi ),
voici le grand retour de Mercedes, avec un album mi-français mi-espagnol,
aussi frais et ensoleillé que ses origines Argentines.
LX - Novembre 2006 |
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Mercedes Audras - Les deux qui s’aiment
Mercedes Audras est une artiste d’origine argentine, installée
en France depuis sa tendre enfance. Sa musique est le reflet de cette
double culture en espagnol et en français.
Depuis de nombreuses années elle joue, compose, chante pour le
théâtre et le cinéma, on l’a entendue aux côtés
d’Etienne Daho, Les Innocents ou Katerine. Mercedes Audras offre
des sonorités pop-rock, des guitares électriques, des morceaux
plein d’énergie (comme la surprenante reprise de «
Perfidia ») mais elle sait aussi ralentir le tempo pour parler d’amour
avec beaucoup de douceur (comme la belle « Cancion de Irina »).
12 titres arrangés également par sa complice Édith
Fambuena.

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Mercedes Audras va por 2
La cantante franco-argentina Mercedes Audras está actualmente
en Buenos Aires, donde prepara el lanzamiento de su segundo disco, el
primero en ser difundido en la Argentina.
Mercedes Audras se lanzó a la canción en los años
80 y en 1996 editó un primer CD en Francia ("Mercedes Audras",
Village Vert - Columbia Sony Music) que gozó de buenas críticas.
Autora de la mayoría de sus temas, firmó sin embargo algunas
de las canciones con sus amigos, entre los que se encuentran miembros
del conjunto (ahora separado) Les Innocents, Edith Fambuena (la musicalizadora
de varios álbumes de Etienne Daho y cantante del conjunto Les Valentins,
que había armado junto con el ahora solista Gérard de Palmas)
y Philippe Katerine.
Luego de un show en el Museo de Artes Moderno de Buenos Aires, Mercedes
Audras dará otro recital antes de volver a Francia en los primeros
días de agosto. Los interesados pueden mandar un mail a nuestra
dirección de correo electrónico, musifrance@sinectis.com.ar,
y les informaremos la fecha y lugar de este concierto apenas se confirme.
También informaremos sobre el lanzamiento del CD en la Argentina,
que contendrá versiónes en español de sus temas,
junto con algunas canciones en frances. Los interesados pueden mientras
tanto consultar el sitio de la cantante, presentado en francés
y en castellano, donde se pueden conseguir todos los datos sobre su discografía
: www.mercedesaudras.com
Cancion Francesa -
- Julio 2005 |
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CD 6 titres - Village Vert/Columbia
Dans la lignée d'une certaine aristocratie du rock hexagonal,
il faudra dorénavant compter avec Mercedes Audras et son premier
album sous bonnes influences (F. Hardy, M. Faithfull et Nico, L. Feron).
Mais attention, il n'y a tromperie à aucun moment, le résultat
étant fort intéressant, ludique et nuancé. On succombe
au charme de ces mélodies acoustiques concoctées avec beaucoup
de classe. A signaler, l'équipe talentueuse qui a contribué
à la réussite de l'entreprise : Katerine, Valérie
d'Autour deLucie, Edith des Valentins et les Innocents. Rien que cela.
Alain Birmann -
- 30/07/2002 |
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80 élèves du collège Louis-Armand de Nancy
face au racisme, aux possibilités de réussir une intégration.
Rencontre avec la chanteuse franco-argentine Mercedes Audras.
Ils n’ont eu qu’une petite demi-journée pour se préparer
aux questions-réponses face à la chanteuse Mercedes Audras.
Une jeune femme blonde au yeux gris-vert, de père français,
de mère argentine et sculpteur, exilée dès l’âge
de 6 ans d’abord en Italie puis en France.
Et qu’on découvre totalement quatre mois après la
sortie de son premier album. Une « exilée », une «
intégrée » qui donna un joli constat de son parcours
d ‘adolescente puis de musicienne avant même que les collégiens
ne manifestent leur « différences ».
Toute sa famille réussit à fuir la dictature en argentine
: « Il n’y a pas eu de déchirement; j’étais
petite mais sensibilisée aux problèmes de droits de l’Homme.
J’ai appris d’autres cultures en même temps que d’autres
langues et partout je me suis sentie chez moi. Cela n’a jamais été
vrai pour ma mère en raison de son accent prononcé. Moi,
je n’avais pas les problèmes des adultes, avec une certaine
innocence je ne cherchais pas à savoir d’où venait
celui qui était à côté de moi. ».
Julia, fille d’Italiens mais née en France, a un regard froid
sur son parcours : non seulement elle ne serait pas contre une vie définitive
dans la grande botte mais elle se sent depuis toujours pénalisée
ici dans l’hexagone : « Mon nom fait rire alors que les souvenirs
de mon grand-père me donnent envie de partir. Je ne suis même
pas sûre d’avoir eu de vraies amies depuis l’école
maternelle. On n’est pas seulement différents par ses origines
mais aussi par ses opinions. Cela dit je me sens comme tout le monde mais
fière de mes origines ».
Réponse péremptoire, opposée et toute aussi digne
de Maradia : « Je suis Algérienne, née en France et
les racistes ne me dérangent pas. Les autres sont Français
et c’est peut être tant pis pour eux. Quand je suis en Algérie,
pendant les vacances, on me prend pour une Française, on m’appelle
l’immigrée. Or je n’ai pas envie d’être
Française, ni ici ni là-bas. J’assume ».
Laura, vient de l’ex-Yougoslavie; voilà cinq ans elle ne
parlait pas un mot de français et aujourd’hui elle dit la
fuite de la guerre mais aussi la nostalgie du pays natal. Donatien le
guadeloupéen n’a pas d’état d’âme
: « On parle de mon pays avec les copains, parce qu’il y a
le soleil tout le temps et les cocotiers; avec Radouane on compare aussi
les cuisines et les religions; l’école de la métropole
est une chance pour apprendre un métier ».
Mercedes Audras reprend le micro pour dire des choses fortes d’une
voix bien douce : « Même si mes chansons ne délivrent
pas de messages, il est important que les artistes parlent de racisme,
des différences pour essayer de changer le malaise social. Le dire
à la télévision n’est pas une publicité
personnelle mais l’expression d’un besoin profond. Nos différences
sont des richesses énormes et on ne devrait pas se poser la question
de comment s’intégrer ». Les enseignants surenchérissent
: il n’y a qu’une race, l’humaine, l’école
est d’abord celle de la tolérance. Le débat tourne
alors vers les nouvelles lois Debré, vers l’élection
de Vitrolles, dérape dans les applaudissements contre l’extrême
droite française. Mais c’est bien cette génération-là,
celle des 12-15 ans, qui fera que l’intégration ne sera plus
un sujet de débat, bientôt.
Paul Leboeuf 1997 |
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Depuis son 45-tours de 1988, Mercedes Audras faisait
de la résistance. Elle nous revient avec ses amours à rebours.
Un amour de Mercedes
Mercedes Audras chante les troubles obsédants
avec entrain et audace. « Il faudra me faire à l’idée
qu’enfin pour toi je compte autant », avance-t-elle dans Plus
penser, le titre clef de son premier album (Columbia), écrit en
espagnol et en français. Chez Mercedes Audras, les rêves
assassinent les jours et les anges qui passent, visiblement, dérangent.
« L’amour est un sentiment très compliqué, exprime-t-elle,
le regard droit et gai. Les mots permettent d’en alléger
la gravité. »
Depuis 1988 , date d’un 45-tours (La tête à l’envers)
veillé par Etienne Daho, Mercedes Audras -mère argentine,
sculpteur, père lyonnais, décorateur, deux sœurs, comédienne
et réalisatrice- piétinait. « On a voulu faire de
moi un produit de maison de disques. J’ai résisté,
et vécu de petits boulots, avant de m’enfermer dans mon studio.
» Elle fait ses classes avec la pop française (Etienne Daho,
Les Innocents, Katerine, Dominique A., Les Valentins), qui l’accueille
aujourd’hui une rime féminine. Mercedes, auteur -compositeur-
producteur, impose sa voix chaude à une mélancolie aérienne
et latine. Car dans son univers, à mi-chemin entre ballades et
bosse-nova, interfèrent guitares acoustiques, cloches, tambourins,
violons et mandolines.
Préparée depuis l’enfance à la vie de bohème-«
Mes parents nous ont inculqué la passion artistique » -Mercedes
Audras, jeune femme empreinte de pudeur et de retenue, utilise parfois
sa langue natale comme garde –fou. Elle chantonne No me des la mano.
Puis conclut : « Pour certaines chansons, le français aurait
été de mauvais goût ».
Gilles Médioni -
- 1996 |
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A la fin des années 80, Mercedes Audras émergeait
discrètement, le temps d’une chanson, puis s’éclipsait.
Elle réapparaît ce mois-ci, munie d’un premier album
gracieux sur lequel se sont penchées les bonnes fées d’une
pop ouvragée, « à la française ». Les
Innocents, Little Rabbits, Autour de Lucie et Edith Fambuena – guitariste
de Daho et chanteuse des Valentins – peaufinent discrètement
leur artisanat, sous la direction inspirée du producteur Philippe
Katerine.
Derrière la voix appliquée mais touchante, la chanteuse
d’origine argentine mêle langues française, espagnole
et anglaise, les guitares sèches prennent de l’ampleur, les
violons crissent doucement, les cuivres et percussions claquent comme
il faut... L’humeur est douce-amère, passant de la nostalgie
– des photos de famille parsèment le livret, bébés,
poses sixties, couleurs jaunies – aux amours débutantes,
mal assurées. De Mon ange à Adonde, la candeur parfois maladroite
des textes se réchauffe au rythme des chansons – bossas ou
balades douces comme des niches de chaleur en automne.
Françoise-Marie Santucci -
- 26, 27 octobre 1996 |
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Une ingénue endurcie fait l'inventaire de
ses émois, de ses souvenirs, dans un premier album attachant.
La nouvelle Mercedes
En 1988, on pouvait lire : "Mercedes Audras est
née à Buenos Aires... Elle joue de la guitare sèche
mais déteste la pluie." Rien de tel pour vous confiner dans
le créneau d'une pop niaise à la française. Rien
de tel, également, pour transformer une jolie jeune fille en mièvre
apparition. Pourtant, des Comateens d'hier (La tête à l'envers,
premier single) aux heureuses rencontres de ce premier album (deux innocents
pour quelques compositions, les voix féminines d'Autour De Lucie
et des Valentins sur un refrain, Philippe Katerine un peu partout à
la production), en passant par un Daho en ange tutélaire, le cheminement
s'avère plus pertinent et sensible qu'on ne pouvait l'espérer.
L'Argentine est dotée d'un joli filet de voix - quelque part du
côté de Graziella de Michele - d'une douceur haut perchée.
L'application naïve qu'elle porte à l'articulation et au support
mélodique attendrit. Ses virevoltes incessantes entre français,
espagnol et anglais, sans originalité mais avec chœurs, attisent
l'attention. Malgré des parrains qu'on pouvait craindre envahissants,
Mercedes Audras a su éviter le piège de la pose extatique.
Mais, surtout, et en dépit de périlleux choix esthétiques
(néo-Françoise Hardy, Marianne Faithfull hexagonale ?),
elle se nourrit de ses faiblesses, de toutes ces histoires d'amour vaguement
désenchantées, pour élaborer un univers personnel
et discret. Les orchestrations à visage humain quelques notules
d'un quatuor à cordes, un orgue irrésistible comme une lame
de fond et, surtout, de somptueuses guitares acoustiques) ont la légèreté
des boites à musique enfantines. Et on apprécie encore davantage
les petites marques d'attention des arrangements : un carillon surréaliste,
quelques piques de trompette bouchée, un désenchantement
emprunté à Astrud Gilberto. Parfois à la frontière
de l'easy-listening, Mercedes Audras aborde à pas menus la mélancolie
de l'enfance évanouie et la vanité des relations amoureuses,
sans jamais sombrer dans l'overdose du rose bonbon. cette gracilité
constitue finalement un écrin judicieux pour des chansons faussement
faciles, où on évoque des amours défuntes, des regrets
embués, des rêves de petite fille. Comme une musique de chambre
pastel, comme un rêve de midinette raffinée...
Chistian Larrède -
- Septembre 1996 |
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POP. En compagnie de Doriand, autre nouveau venu,
la chanteuse d’origine argentine présente ce soir en concert
parisiens ses compositions acoustico-rock.
Les familles
d’Audras
Il y a quatre ans, elle donnait son premier concert à
la maison : les lieux parisiens restaient inaccessibles, ses parents ont
dit banco. A Montrouge, le salon vidé, le jardin dégagé,
elle a invité une centaines de personnes. Aujourd’hui, Mercedes
Audras joue dans de vraies salles, mais sa familles suit toujours. Même
sur le livret de son premier album, orné de photos sépia.
Le père, la mère, les deux sœurs. Bribes d’une
enfance à Buenos Aires, dont ses morceaux retiennent le violon
du tango, les accords d’une bossa feutrée, frottés
à des mélodies plus pop. Parfois, d’ailleurs, elle
chante en espagnol. Nostalgie ? « Un peu. Mais ma vie est ici. Je
ne me sens pas tiraillée entre deux cultures. »
1972. En Argentine, la dictature sévit. Le père travaille
dans le théâtre, la mère est sculptrice, qui décroche
une bourse en Italie. Le clan s ‘expatrie : « Ils voulaient
qu’on connaisse autre chose. Un pays où les femmes soient
libres de leur choix, sans être mariées à 25ans. »
Milan, Rome, puis Paris. A 13 ans, elle reçoit sa première
guitare, passe son bac à 18 ans et prend une année sabbatique.
Qui dure toujours : « Je n’ai jamais travaillé »
, dit-elle. La communauté Audras fonctionne ainsi. Des parents
aux sœurs (l’une est réalisatrice, l’autre comédienne),
tous partagent le même esprit bohème : le premier qui touche
un cachet verse sa dîme au pot commun.
A la fin de l’adolescence, Mercedes Audras croise une étoile
naissante : Etienne Daho, fan transi de Françoise Hardy, esquisse
à peine son dessein pop, flanqué de sa future guitariste
Edith Fambuena. Un nouveau lien se tisse. Grâce à eux, Audras
ajoute à son panthéon personnel - Blondie, les Pretenders
ou Tom Jobim – la musique d’ici et se pique au jeu : Elle
écrira des chansons. En 1988, son premier 45 tours, La tête
à l’envers, donne le ton : mélodies ciselées,
petite touche british. Succès d’estime. Mais l’ombre
de Daho est écrasante. Elle s’éloigne. « Pour
faire l’album que je voulais. »
A son rythme de dilettante, ça prend huit ans. Le temps de dénicher
une seconde famille musicale ; les Innocents, Dominique A. ou Philippe
Katerine- à l’occasion d’un concert hommage à
Jacques Demy-, et d’assembler ses chroniques légères
et désabusées d’amours condamnées, qu’elle
se refuse à décortiquer, lâchant juste, dans un demi-sourire
: « C’est difficile de vivre avec quelqu’un. »
Sur scène, son canevas pop s’épure. La formule acoustique
sert au mieux sa voix fluette, soutenue par trois musiciens- dont un violoniste
de talent. Jusqu’ici, l’expérience est rare : quelques
premières parties, et l’espoir d’une tournée
française à la rentrée. Pour soutenir les ventes
de l’album (à peine 10 000 exemplaires), elle enregistre
ce week-end son premier clip, Fatiguée. La mise en place fut longue,
les scénarios ne convenaient pas : « On donne toujours des
chanteuses une image gnangnan. » La solution ? Un cadrage serré,
où, « peu à peu, des tas de gens viendront me rejoindre
». Une photo de famille, en somme. A l’image du concert de
ce soir, où Mercedes Audras attend un invité surprise, et
du prochain album, qu’elle brûle de réaliser dès
l’été. Entourée de très bons amis.
Françoise-Marie Santucci -
- 17 juin 1997 |
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Après avoir collaboré avec la France
entière ou presque (Daho, Valentins, Innocents, Autour de Lucie)
et les meilleurs de la sweet pop (Pritchard, Comateens), la belle Mercedes
se décide enfin à nous livrer son premier opus. Cette
première tranche n’est pas un brouillon, loin s’en
faut. On voudrait en avoir des comme ça tous les jours, pour
nous mettre un sourire aux lèvres les matins chagrins. Elle nous
dit simplement la vie, les amours, les joies, les petits malheurs.
Juste le triste qu’il faut pour ne pas tomber dans la dépression.
Quelques mots en français, d’autres ne espagnol, et enfin,
la cerise sur le gâteau : « The fairest of the seasons »,
superbe reprise de Nico…
On est pressés de la voir en concert sous notre ciel pluvieux,
histoire de se dire qu’ailleurs peut être, il fait beau...
ZM - RIF-RAF musiczine - Belgique - Mars 1997 |
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Difficile de trouver un titre adéquat pour la
chronique de ce disque. A vous de choisir : « L’invitation
au voyage d’une Mercedes de charme ; L’esprit de famille d’une
certaine chanson au féminin ; Le « J’entends plus la
guitare » de Philippe Garrel revu par Mercedes Audras ». le
premier album solo de Mercedes Audras fait l’effet d’une perle
rare découverte par un plongeur dans les profondeurs des eaux limpides
d’un océan digne d’un paradis terrestre. Laissez-vous
donc emporter par la voix de cette chanteuse au gré des courants
d’harmonies propices à l’évasion. Et, cette
nouvelle venue n’en est pas vraiment une : 1984, bassiste avec le
groupe Power Game ; 1986, chœurs sur l’album « Pop Satori
» d’Etienne Daho ; 1989, chœurs sur l’album de
Bill Pritchard.
Fabrice Ponthier - LE GRAND HUIT - Novembre 1996 |
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MERCEDES AUDRAS
Le genre appartient à Françoise Hardy, comme le record du
saut en longueur a appartenu pendant vingt-cinq ans à Bob Beamon
avant que Mike Powell ne finisse par le pulvériser. Il n’est
pas interdit de penser qu’une jeune rêveuse vienne un jour
mettre un terme à l’abusive séquestration d’une
certaine chanson française joliment languissante par la grande
saucisse pro-barriste. Mercedes Audras sera-t-elle celle-là ? Sur
son premier album éponyme coproduit par Philippe Katerine, elle
jette de prometteuses passerelles entre les deux époques, réservant
à l’enfance une part conséquente de ses émois,
jouant de la mélancolie avec une légèreté
de harpiste, s ‘attaquant avec courage, et peu de voix, à
la vieille dentelle d’âme de Fairest of the seasons (Nico).
L’ensemble, fleuri par une instrumentation à la fois riche
et variée, éclairé d’une délicate et
romantique phosphorescence, rappelle souvent The Shelleyan Orphan et c’est
tout sauf une injure.
- Septembre
1996
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MERCEDES AUDRAS : un ange passe
Mercedes Audras ressemble aux héroïnes de « l’Age
des possibles ». Pudique, fragile, têtu, son premier disque
séduit par son charme monocorde. Serait-ce parce que Mercedes est
d’origine sud-américaine ? Sa pop acoustique évoque
Elli Medeiros, période Stinky Toys. Ici, Audras s’est entourée
des Innocents, d’Edith Fambuena des Valentins et du Nantais Katerine.
Elle chante en français, en anglais ou en espagnol, et quand elle
vous dit « Mon ange », on la croit.
- Septembre
1996 |
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La Tête à l'envers date de 1988 : c'était
le premier single de Mercedes Audras. Depuis, on était sans nouvelles
de la douce Argentine. Aujourd'hui elle revient, premier album en main
et tête solidement vissée sur les épaules. Car Mercedes
a toujours eu le talent de savoir s'entourer.
Pour ses premiers pas, elle flirtait déjà avec la bande
à Daho. La voilà à présent entre Philippe
Katerine et deux des Innocents, Jean-Christophe Urbain et Jipé
Nataf. Le premier coproduit l'album, les deux autres cosignent trois titres.
Sans compter qu'ils officient également aux guitares, basses, orgue,
piano, marimbas, accordéon... et enfin aux chœurs ! Jolie
contribution.
Sobres et quotidiennes, les chansons de Mercedes. Elles retracent les
sentiments confus, les revirements amoureux, les doutes et les découvertes
pas à pas. "N'oublie pas pourtant qu'il me faudra du temps
/ Pour me faire à l'idée / Qu'enfin je compte autant".
A naviguer entre français et l'espagnol, on devine chez elle l'envie
de se livrer un peu plus dans sa langue maternelle , d'y compter plus
librement l'amertume des histoires qui s'effilochent ("El miedo de
ver, de sentir ya el final que nos va a pasar, sentimientos ya no hay").
Mercedes n'aime ni les étiquettes ni les barrières. A l'occasion,
la jeune femme se frotte ainsi à l'anglais avec une reprise de
Nico, l'égérie du Velvet Underground. Ses références
traînent du côté des années soixante.
Derrière ses mélodies pop, ses arrangements légers,
et sa voix fluette, on sent du reste poindre l'influence discrète
d'une Françoise Hardy. De même que l'influence et le soutien
d'une famille d'artistes (mère sculpteur, sœurs comédienne
et réalisatrice). Une famille unie, à en croire les vieilles
photos de vacances qui tapissent le livret.
Pascale Hamond-
- Avril 1997 |
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Hidden Songs
No se me ocurre otro epítome más conciso, original y brillante
para poner colofón a los diez años de trayectoria musical
de la distribuidora y discográfica sevillana Green Ufos que la
ideada por ellos mismos y motivo de estas líneas. Concebida inicialmente
como una recopilación de temas “escondidos”, por el
hecho de no haber sido vendidos al menos cien veces, fue finalmente aliñada
por cortes más o menos desconocidos de los auténticos pesos
pesados del sello, además de por otros cuya posibilidad de distribución
se malogró en su momento. El equipo de Rafa López asume
su cuota de responsabilidad y pone al mismo tiempo sobre la mesa unas
razones que son cualitativamente contundentes en la interpelación
-vaya canciones-, y elegantes hasta lo impecable en la dialéctica,
por aquello recién comentado de utilizar con valentía el
extremo, que desnudo resalta el concepto.
Para intentar poner en orden los distintos riachuelos de emociones capaz
de alimentar el generoso “Hidden songs” (más de 78
minutos de música por partida doble), no hay más que remontar
cual salmón unos y otros cursos y analizar su nacimiento: la coartada
nostálgica podría sustentarse en el encanto lo-fi imperecedero
de Delaney (algo así como los mejores momentos de Elastica en versión
francesa), la explosión bohemia y decadente de la melodía
propuesta por Edson (flaco favor hizo la portada de aquel disco) o el
pop íntimo, orquestado de Butterfly child y elegante de The bitter
springs; la sentimental y absolutamente subjetiva viene dada por la sorpresa
de servidor al descubrir la inclusión de algunas canciones que
parecen sacadas directamente de mi colección de favoritas, a saber:
‘Wheats’ de Mazarin, radiante, nostálgicamente trotona
y que poseo (también) en single de vinilo, ‘Going to everglades’,
con todo el encanto de los alocados Herman Düne, y ‘Hey! It’s
a beautiful day’, la deliciosa mezcla de pop sesentero de coros
con una pizca de lounge de The Cherry Orchard; y la inquietud permanente
y el ansia de descubrimiento se podrían saciar con algunas de las
novedades últimas y más excitantes del mundo ufo: el sintetizador
spectoriano de The Russian Futurists, Byrne o la postrer esperanza surgida
de Rocket Girl, todo refinamiento, el talentoso cantautor sueco Jens Lekman,
y la voz confusa en sexo que adorna los cuentos preciosamente musicados
de Jeff Hanson.
Pero, naturalmente, no acaban ahí las razones. En una retahíla
ecléctica, detallosamente secuenciada, manejando a la perfección
tempos, estados de ánimo y las transiciones entre ellos, tienen
cabida el pop suave y ensoñador, ligeramente espacial, de Blessed
light, The Arrogants, y, admitiendo matices, de uno de los actuales dominadores
del invento, Coldharbourstores (irresistibles los ecos a Bark Psychosis
en la producción de Graham Sutton), el folk de primeros espadas
como Edith Frost o Damien Jurado, el power pop de sacudidas eléctricas
de Versus (piensen en los Posies tomando el sol) y el colorista y más
optimista de The Salteens (cuántos podrían tomar nota de
cómo sortear el aburrimiento en el género …), el techno-pop
de Holm o Future Bible Heroes, la candidez perfecta en la manufactura
de Essex Green y Superheroes, la recreación disco de Charming…
Por otro lado, y haciendo hincapié de nuevo en el leitmotiv de
esta colección, no puede uno más que llevarse las manos
a la cabeza ante el sino comercial de Enon y su estilizada figura, el
de la sensibilidad y calidez de Lovers, el de la gótica sureña
de Black Heart Procession -aquí presentes con un tema de su mejor
disco, “2?-, y el de la competidora oficial al trono femenino del
folk Mirah, que incluye una de las canciones más atractivas de
2004, ‘The dogs of B.A.’.
Por último, y respecto a los otros ocultos, habría que
comentar que la aparición de aquellos que desplazan más
la aguja en la báscula no puede sino generar un entusiasmo sin
concesiones. Rebuscando en sus respectivos baúles, Dominique A
luce una cenefa de guitarras estrenada en una cinta distribuida durante
la gira francesa de octubre de 2001 y en España regalada posteriormente,
en una cantidad ínfima, por Green Ufos (la conservo como oro en
paño); Diabologum rescatan un corte de un single del 94 que muestra
la genialidad ya germinada de una formación por entonces arty;
Françoiz Breut recupera una colaboración con Mercedes Audras,
de resultado distinguido, cortante y bello, creada para colaborar con
una fundación que promueve la donación de órganos;
y Peter Parker Experience -una pista: quédense con la tercera palabra-
recrean la inolvidable ‘Schizophrenia’ de Sonic Youth, con
una espectacular traslación acústica a dos guitarras de
su final cáustico.
Podría echarse en falta un poco de rock, que seguro que cumple
las condiciones de ingreso algún que otro grupo de sellos como
Prohibited, Constellation, Kill Rock Stars (o su subsidiaria 5 Rue Christine),
Southern o Touch and Go. Más fuerza. Otro tipo de sonido que pediré
en la postal que se incluye dentro del disco a fin de confeccionar popularmente
un segundo volumen de esta entrega. Y una vez adentrados en las objeciones
personales, incluso podría hacer referencia a un tirón de
orejas que la evidencia ha terminado por frustrar: pensaba en ‘Sister
ice’ de Archer Prewitt como fija en la selección, pero su
sustitución por ‘The race’, otra que tal baila del
mismo autor en el mismo disco, me hace callar. Lo mismo podría
decir sobre Faris Nourallah.
”Hidden songs”. Pueden tomarlo como una lista de discos
a comprar, como un libro de historia contemporánea con un artwork
encantador (los dibujos de la Breut), o, sencillamente, como 41 canciones
de diferentes estilos, todos concéntricos al pop, construidas con
mimo y al más alto nivel, dispuestas con tacto, y escandalosamente
maltratadas en cuanto a repercusión. Un discurso emocionante.
Jöse -  |
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Comme un seul homme
Sur cette compilation dont le but est de sensibiliser
au don d'organes, Labels a réuni une fort belle brochette d'artistes
français, de la nouvelle génération (Ignatus, Diabologum,
The little Rabbits, Mercedes Audras, Mathieu Boogaerts, Autour De Lucie,
Silvain Vanot, Dominique A, Superflu...) à d'autres plus confirmés
(Fabulous Trobadors, Jean-Louis Murat, Pascal Comelade, Daniel Darc, Married
Monk, Charlélie Couture, Fred poulet, Louis Philippe...). Qu'ont
en commun tous ces gens-là ? A n'en pas douter une certaine exigence
musicale et pas mal d'intégrité également.
Cette compilation dont le concept de départ est le duo s’avère
donc de très bonne tenue, avec quelques réussites exemplaires.
Ainsi, Autour De Lucie et Katerine lancent un Si nous étions des
amants, et on se prend à avoir des envies de voyeurisme auditif.
Silvain Vanot, associé à Polar pour un poignant Chanson/refrain,
gagne une intensité qu'il a du mal à atteindre en solo.
Miossec, accompagné par quelques accords d'un Pascal Comelade toujours
aussi brillant de sobriété et d'évidence, refigure
(à jun ?) Johnny : Ma gueule est pas mal du tout finalement.
Accessits pour Daniel Darc et Diabologum dont le Et si nous n'avions
pas été là en forme de torture existentialiste confirme
le tournant ardu mais au combien intéressant pris par les Toulousains.
Married Monk et Superflu s'exclament Nous voilà beaux, et c'est
vrai, ce titre est de toute beauté, entre fraîcheur harmonique
et réminiscences sixties. On notera également Arielle &
Les Innocents qui croisent leurs Doigts avec pudeur. Tant d'organes talentueux
devraient, en définitive, réussir à flatter vos ouïes.
Thomas Le Goff -  |