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Mercedes, Feist et Françoise Hardy.

Dans les loges, avant les balances, on gratte les guitares et on boit des bières. Kanterbrau qui sponsorise fournit des clés USB pour télécharger des morceaux live des jours précédents. C'est Mercedes Audras qui ouvre les concerts.

Le parterre est clairsemé, la pluie n'arrange rien, pourtant dans quelques mois tout le monde parlera de son nouvel album co-produit avec Henri Graetz - il a collaboré avec Philippe Katerine et les Superflu. Audras chante de la pop ouvragée avec flamme et pudeur: Les Deux qui s'aiment cartonne et sa version  de Porque te vas est repris en choeur. 

Dans son prochain disque, on entendra Yeux d'enfant, un inédit (paroles et musique) signé Françoise Hardy, des chansons signées Sally Seltmann (qui a collaboré avec Feist) et de M-Clan, groupe espagnol superstar. Ce sera pour l'année prochaine. Si tout va bien.

 Gilles Médioni - - 2008


Mercedes Audras - "Les deux qui s'aiment"

Entre pop légère et mélodies exotiques, Mercedes Audras nous revient avec un album aux saveurs sucrées et éclectiques. Tout commence avec des papillons dans les jambes qui se prennent à sautiller. Plus nous avançons dans les mondes de la voyageuse, plus les guitares se font exotiques, plus les rythmes se chaloupent. Avec des vagues argentines dans la voix qui viennent caresser nos côtes, elle chante sans métaphore, mais avec un goût assumé pour le verbe brut. Le texte ne reste pas toujours, mais la mélodie nous attrape par les reins. Se rencontrent deux langues pour chanter les mêmes émotions, avec des chaleurs différentes. Deux visages nous embrassent avec le même regard, celui d'une femme touchante et transportée par tout ce qui lui offrent les cultures qui l'habitent. La rencontre laisse quelques traces et invite à reprendre sans attendre son dictionnaire d'espagnol.

Arnold Faivre - - Février / Mars 2007

 
 

Les Deux qui s'aiment - Mercedes Audras

Qui ? Cette figure de la pop française a déjà marqué son territoire, en 1996, avec un premier album coréalisé par Katerine et les Innocents et parrainé par Etienne Daho. Depuis, Mercedes Audras la nomade s'est baladée de son Buenos Aires natal, où elle s'est produite au musée d'Art moderne, à Madrid, où on l'a entendue sur la compilation très tendance Hidden Songs. Elle a aussi composé des musiques de films et de pièces de théâtre.

Quoi ? Un bel album lyrique, tourmenté, Les Deux qui s'aiment, coréalisé avec Edith Fambuena et Jean-Louis Pierot (ex-Valentins), qui sort sur son propre label: Chicas. Mercedes Audras chante l'amour ou l'absence, en français et en espagnol. Son folk noir a des accents à la Velvet Underground. Elle empoigne aussi les airs radieux et nerveux d'une pop adulte, avant de s'offrir un voyage du côté de Julio Iglesias avec la reprise d'Abrazame. Ecoutez-la.

Gilles Médioni - - 8 mars 2007

 
  «Les deux qui s'aiment» de Mercedes Audras

Tout au long de sa carrière Mercedes Audras a su s'entourer d'artistes aussi singuliers que talentueux. Elle nous revient aujourd'hui avec «Les deux qui s'aiment», un album pop-rock chaleureux qui fait rimer tendresse avec mélancolie. Interview.

Vous qui partagez votre temps entre l'Argentine et la France, que pouvez-vous nous dire sur la vie gay là-bas ? Est-ce un pays ouvert sur ce sujet ?
Vous savez, il y a seulement 30 ans, l'Argentine était sous la dictature. Dans les années 70, les militaires étaient au pouvoir et un jeune garçon avec des cheveux longs qui se promenait dans la rue était traité de «puto» (pédé) et pouvait être mis en prison. Vous imaginez donc les homosexuels ! Ce pays a trop connu la peur, les disparitions, les trahisons, la dictature, etc. Tout cela a engendré l'inévitable «chacun pour soi» par méfiance mais aussi par incompréhension. Dans les années 90, mes meilleurs amis, Walter et Adrian, qui sont ensemble depuis plus de 10 ans et qui vivent à Buenos Aires, me racontaient que les jeunes fêtaient la gay pride masqués. Aujourd'hui ce n'est plus le cas, fort heureusement ! Les gens manifestent de plus en plus, ça avance doucement... mais sûrement ! Je l'espère en tout cas.

Vous sentez-vous parfois déracinée ?
Le fait d'avoir voyagé si petite m'a donné une grande liberté, celle de me sentir partout chez moi. L'Argentine est un pays qui a du caractère. Il vous marque, comme la France. J'ai appris à vivre pleinement les moments où je me trouve ici ou là-bas. Je ne veux pas qu'il y ait de déchirures, de manques. Toute ma famille vit à Buenos Aires et dès que je le peux, je pars les retrouver. Mais j'ai aussi une grande tendresse pour Paris. J'adore cette ville et je la connais très bien. J'aime m'y promener. Je marche beaucoup ici, je me sens chez moi. Encore aujourd'hui, je n'ai pas un seul endroit où je me sente chez moi mais plusieurs.

Votre chanson "Les Deux qui s'aiment" semble totalement dépourvue de genre, est-ce un choix délibéré de votre part?
J'aurais beaucoup aimé répondre à cette question car cela aurait voulu dire que j'ai écrit Les Deux qui s'aiment. Malheureusement, je n'ai écrit ni les paroles, ni la musique. C'est une chanson qui m'accompagne depuis des années, qu'Edith Fambuena [l'ancienne chanteuse des Valentins] a composée peu de temps après notre rencontre. Il y a peut-être un jeu de cache-cache, c'est vrai. Qui sont ces fameux «deux qui s'aiment» ? C'est une question à laquelle seule Edith pourrait répondre. Et puis, c'est très bien que tout le monde s'y reconnaisse car l'amour entre adultes consentants n'a pas de sexe.

Le clip est aussi légèrement crypto-lesbien, non ?
Cette question tombe à pic! Je vais laisser répondre Maria Audras, qui est ma sœur et la réalisatrice du clip.
Maria : L'idée du clip était de créer un trouble sur l'identité de la vraie chanteuse. Pour cela nous avons choisi des jeunes femmes du même style. Dans un premier temps, elles se chuchotent les paroles à l'oreille comme dans un casting. Elles séduisent la caméra, sont complices et chipies entre elles, puis finissent par se pousser pour prendre la place l'une de l'autre, et cela se corse... Nous avons voulu faire un clip léger, frais et féminin. Ces femmes, qu'elles soient homos ou hétéros, se regardent, sont charmeuses, se séduisent mais peuvent être aussi des teignes.
Mercedes : Ce clip, à ma grande surprise, connaît un réel succès. Beaucoup de gens m'en parlent via MySpace. Il plaît autant aux hétéros, qui sont troublés, qu'aux homos, autant aux femmes qu'aux hommes et c'est tant mieux! Mon autre sœur, Rosario, qui est en ce moment à Caracas au Venezuela pour une pièce de théâtre, l'a montré là-bas et les personnes qui l'ont vu étaient emballées.

Il est perceptible qu'il existe une réelle complicité entre les protagonistes de ce clip. Sont-elles actrices ou sont-ce des amies ?
Mercedes : Je ne les connaissais pas avant le tournage, ou tout juste de vue pour la plupart. Nous nous croisions dans les mêmes endroits lorsque nous sortions boire un verre. Quand je suis allée, avec ma grande timidité, leur demander si elles voulaient bien participer à un clip, elles ont été adorables et m'ont tout de suite dit oui. Je suis réellement touchée et reconnaissante qu'elles aient accepté.
Maria : Il y a effectivement une réelle complicité entre elles alors qu'elles ne se connaissaient pas. J'ai fait en sorte qu'elles se rencontrent avant le tournage, de faire des bouts d'essais afin qu'elles puissent se détendre, s'amuser et ainsi avancer sur les différents cadres, scènes et lumières. Pour la plupart, il s'agissait de leur première expérience face à une caméra. Je leur ai demandé de connaître la chanson par cœur pour qu'on ne puisse pas identifier la vraie chanteuse. Je dois dire qu'elles ont été très professionnelles, d'autant que nous n'avions qu'une demi-journée de tournage…

Au fil de votre carrière, vous avez véritablement côtoyé le meilleur de la scène pop-rock française. Que gardez-vous de votre collaboration avec des personnages aussi charismatiques qu'Etienne Daho, Dominique A ou encore Katerine ?
Ils ont tous un point commun: une grande générosité. Etienne est celui qui m'a le plus appris, guidée et influencée. Avec lui, j'ai énormément de souvenirs et pas seulement musicaux. C'est un homme très humble de son talent et de son don. C'est très agréable de travailler avec lui car c'est une personne très positive, drôle et tendre. Il m'a toujours donné l'impression que tout était facile car il vit pleinement, avec un enthousiasme communicatif tout ce qu'il entreprend. S'il y a quelque chose que j'ai gardé de lui, encore aujourd'hui, c'est ça ! Il a été à la base de ma formation musicale avec Edith Fambuena. J'ai travaillé avec Katerine sur mon premier album. Il est venu habiter chez moi, le temps de mettre en forme les chansons, c'est une personne qui a beaucoup d'humour, très malin, j'aime beaucoup son dernier album et quelque part je le retrouve bien. Avec Dominique, nous avons fait de la scène ensemble en Belgique, c'est une belle rencontre aussi. À cette époque, il chantait avec Françoiz Breut. C'est comme cela que nous sommes venus à faire un duo ensemble.

Quelles sont vos influences musicales et où puisez-vous votre inspiration pour l'écriture de vos textes ?
Lorsque j'avais 14 ou 15 ans, j'écoutais les Pretenders, Janis Joplin, Carole King, Kate Bush, Cat Stevens, The Mamas and Papas, The Jackson Five, The Supremes, Jefferson Airplaine ou encore David Bowie. Mais aussi beaucoup de bossa nova, Vinicius de Moraes, Caetano Veloso, Toquinho, Maria Bethânia, Astrud Gilberto, Joao Gilberto ou Gilberto Gil. Ces artistes ont marqué ma vie et m'ont donné l'envie de faire de la musique. La toute première chanteuse qui m'a profondément marquée c'était Joan Baez !

Vous avez collaboré à plusieurs BO de films. Est-ce un exercice que vous appréciez particulièrement ?
C'est un exercice différent en effet. Le moment que j'aime le plus, c'est lorsque je découvre la musique qui habille les images sur grand écran. C'est magique ! C'est une sensation très particulière car l'émotion est double. Il y a l'histoire du film qui forcément me touche (sinon je n'aurais pas pu composer) et la musique. C'est difficilement explicable. C'est comme la première fois où j'ai joué dans un groupe quand j'étais adolescente en tant que bassiste. Tu te dis que le son de basse que TU joues contribue à l'ensemble musical que l'on entend. Je me souviens bien de cette première fois, je devais avoir 14 ans... Pour en revenir aux BO, j'aime à la fois beaucoup la composition et le stress que cela me procure qui est 10 fois supérieur : au final, il faut que cela plaise au réalisateur, que cela entre dans son univers.

Abrazame a donné le frisson à plus d'une… Que gardez-vous de cette participation au film Pourquoi pas moi de Stéphane Giusti ?
Ma participation a été toute simple. Edith, qui a réalisé la BO du film, m'a un jour téléphoné pour savoir si j'avais envie de chanter une chanson de Julio Iglesias pour un film. Il fallait interpréter cette chanson en espagnol et en italien. J'ai bien évidemment accepté, c'est le genre d'aventure que j'aime. Je suis donc passée chez elle, j'ai chanté, on a enregistré et quelques mois plus tard, j'ai découvert le résultat lors d'une projection en avant-première. Le film est très bien, très drôle. On sent qu'ils se sont amusés et c'est un bon moyen pour faire passer des messages.

Pourquoi avoir créé votre propre label, Chicas Recording ?
C'est tout simplement quelque chose que je voulais faire depuis très longtemps, un rêve qui se réalise. Une nouvelle aventure! J'aimerais produire d'autres artistes, ouvrir le label et que cela leur serve.

Quels sont les artistes de la scène pop-rock actuelle qui vous font vibrer ?
J'aime beaucoup Kaolin, je trouve que ce chanteur a une douceur et une sensibilité dans la voix et dans ses textes toute particulière. J'aime aussi Anaïs que j'avais découverte dans une salle plus intimiste à l'époque. J'ai adoré son concert ! Il y a Feist aussi, et toujours Muse, Travis, Coldplay, Franz Ferdinand, les Strokes, Raphaël, M, et beaucoup d'autres…

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Des concerts, des concerts et encore des concerts ! Nous sommes à la recherche d'un tourneur mais les programmateurs de salles et de festivals peuvent toujours nous contacter à l'adresse du label, Chicas Recording. J'aimerais aussi faire des premières parties dans de grandes salles. Je répète en ce moment avec Michael Ohayon, un ami et un très bon guitariste, nous sommes juste deux sur scène, il est à la guitare électrique et moi électro-acoustique. Cela nous permet de pouvoir nous déplacer plus facilement et surtout de garder les arrangements de guitares plus rock sur des chansons comme Pensando en ti ou Les Deux qui s'aiment. Je pense aussi à mon prochain album, à de nouvelles chansons. J'aimerais retrouver Etienne Daho pour l'écrire et le réaliser, avec Edith bien sûr.

Le site de Mercedes Audras: www.mercedesaudras.com
Son MySpace: www.myspace.com/mercedesaudras

Tatiana Potard - - Copyright tetu.com - 2007

 
  MERCEDES AUDRAS « Les deux qui s’aiment »

Le nouvel album familial et chaleureux d’une chanteuse à la fois d’ici et d’ailleurs.


Il y a dix-huit ans, elle adapte en français dans le texte une chanson des Comateens. Il y a seize ans, la même mélodie se trouve affublée de vers castillans, pour le plus grand bonheur des Innocents. Il y a dix ans, après des rencontres successives avec Daho, Bill Pritchard et des hommages à Nico et au Velvet Underground, Mercedes Audras enregistre son premier album en compagnie de Katerine. Voila, c’est évident : lorsqu’on est franco-milano-argentine, et que Françoiz Breut, Les Valentins ou Autour de Lucie peuvent sonner tout sourire à la porte, le temps finit par se dilater, et les choix par s’effacer (chanson, musiques de scènes, musiques de films, création de label : pourquoi se priver de l’un de ces plaisirs ?).

Les deux qui s’aiment n’est donc que le troisième disque en nom propre d’Audras les yeux clairs, plus clairement partagé que ses prédécesseurs en texte hexagonaux et chants hispaniques, en folk-songs en apesanteur et martèlement hérité du I’m Waiting for My Man cher à Lou Reed.

On y croise en effet une version pétaradante d’un Perfidia (ah, Xavier Cugat !) ancré dans les mémoires, ou d’un classique de Julio Iglesias, conjointement à l’expression mélancolique du temps et de l’amour qui passent (Tu ne dis rien). Edith Fambuena est aux manettes de la mise en ondes d’un chant timide comme un rêve d’enfant, et d’une luxuriance de guitares acoustiques, au sein desquelles se glisse parfois, toujours aussi malicieux et inventif, le cornet de Médéric Collignon. Et, ainsi, l’arbre généalogique musical de Mercedes Audras (n’oublions pas : il s’agit d’un disque familial, bébé inclus) se pare d’un vert tendre, aux nervures charriant la sève d’un bien doux talent.


Christian Larrède - - Novembre 2006

 
 

Mercedes Audras - La puissance et la grâce

Au fil de sa vie et de sa carrière qui se mêlent et s'entrecroisent, Mercedes Audras a réuni ce qui se fait de mieux en matière de pop française, Etienne Daho, Les Innocents, Katerine, Françoiz Breut, Valérie Leulliot d'Autour de Lucie et aujourd'hui les ex-Valentins pour la réalisation de son troisième album Les deux qui s'aiment. Un petit bijou qui mêle pop, rock et rythmes latinos, l'occasion pour la Dixième Muse de rencontrer l'artiste passionnée et attachante.

Au milieu des années 80', vous avez rencontré Etienne Daho, que vous a t-il apporté ?

Etienne a été un exemple pour moi, musicalement, c'est quelqu'un qui m'a appris énormément. Il m'a donné la finesse dans la manière de composer, d'arranger, il a aussi une manière toute particulière d'écrire ses paroles, il m'a guidée et beaucoup inspirée. De plus, il m'a apporté toute une culture musicale que je n'avais pas. Quand je l'ai connu, j'étais très jeune, il y a plein de groupes que je ne connaissais pas, comme le Velvet Underground que j'ai connu grâce à lui, et j'ai pu grâce à lui voir le dernier concert de Nico à Paris. Il y a eu plein d'aventures, plein de richesses, et ceci autant dans le milieu artistique qu'humain. C'est quelqu'un d'extrêmement humble dans tout ce qu'il fait et j'apprends beaucoup à ses côtés.

Votre nouvel album Les deux qui s'aiment est réalisé avec Jean-Louis Pierot et Edith Fambuena. A quand remonte votre rencontre avec les ex-Valentins ?

J'ai connu Les Valentins à l'époque de Pop Satori de Daho, justement. J'y avais fait ma première expérience en studio en poussant un cri sur la chanson 4000 années d'horreur. Après ça, il est parti en tournée quand il est rentré d'Aix-en-Provence, il m'a dit qu'il avait rencontré un groupe composé de deux garçons et d'une jeune fille qu'il avait envie de produire. Ils sont restés en contact puis ils sont venus à la maison, à cette époque j'habitais avec Etienne, et c'est comme ça que j'ai rencontré Edith Fambuena, Jean-Louis Pierot et Gérald de Palmas.

Comment s'est passé l'enregistrement ?

J'ai commencé à enregistrer des chansons chez moi, dans mon studio et j'avais très très envie de reprendre la chanson Les deux qui s'aiment qui est une chanson qu'Edith avait écrite il y a longtemps, à l'époque de notre rencontre. Une chanson que j'ai toujours adorée, que j'avais gardée de côté et comme on ne l'avait pas choisie sur mon premier album, je me suis dit que c'était le moment de le faire. J'en ai parlé à Edith et on l'a enregistrée en studio avec Pensando en Ti, la chanson des Comateens, avec de très très bons musiciens qui sont venus gracieusement travailler sur cet album que nous n'avions pas les moyens de produire, comme Philippe Entressangle et Alain Ekpob, qui travaille beaucoup avec Miossec et d'autres artistes.

Comment travaillez-vous la composition des morceaux et l'écriture des textes ?

A chaque fois, je commence par écrire la musique et finalement cela va assez vite parce qu'on met tellement de temps avant de s'y mettre vraiment. C'est dans la tête et dans les ordi, donc au moment où on s'y met vraiment, ça sort tout seul. Après viennent les paroles, selon que la mélodie est rapide ou plutôt lente ; les paroles vont avec l'état d'esprit dans lequel je suis.

Autre titre qui figure sur cet album, Abrazame est une chanson que vous interprétez dans le film Pourquoi pas moi ? de Stéphane Giusti. Comment avez-vous été amenée à y chanter et que pouvez-nous nous dire sur ce film ?

Au départ, les deux comédiennes du film devaient le faire mais apparemment il y avait des soucis dans l'interprétation. Edith m'a appelée et m'a dit : "Ecoute Mercé, est-ce que tu veux venir chanter une chanson en espagnol et en italien ?" parce que dans le film, la chanson commence en espagnol et finit en italien. Elle m'a dit : "Viens à la maison, il faut qu'on enregistre ça". Je l'ai fait avec plaisir et ça m'a beaucoup amusée. Pour en revenir au film, il y a un bon esprit, il est drôle, cela change des films d'une certaine époque où tout le monde se suicidait... où c'était lourd de vivre son homosexualité.

Revenons à la musique, qu'est-ce qui vous a amenée à monter votre propre label "Chicas Recording" ?

Tout simplement pour être beaucoup plus indépendante, pour pouvoir faire l'album que j'avais envie de faire, pour travailler avec qui j'avais envie de travailler. C'est une indépendance, ne pas attendre le feu vert des maisons de disques pour entrer en studio, pouvoir avancer à son rythme. Les maisons de disques ont parfois un autre rythme, un autre regard sur les choses et parfois il vaut mieux peut-être avancer soi-même.

Quel regard portez-vous sur l'actuelle scène pop et plus particulièrement sur la nouvelle scène pop féminine ?

Je trouve que cela s'est beaucoup développé, il y a beaucoup de nouveautés et de surprises. J'ai découvert Anaïs, quelqu'un que j'adore, sur scène. Il y a un an, elle faisait une petite salle et j'étais allée la voir parce qu'on m'avait dit : "Viens voir cette jeune fille sur scène". Je ne connaissais pas du tout son travail et je l'ai découverte. De la même manière je trouve que Camille a un univers très particulier aussi, il y a beaucoup de personnes avec un réel univers. La Grande Sophie c'est aussi quelqu'un que j'aime beaucoup. Elles font partie des artistes qui me touchent.

Vous partagez votre temps entre la France et l'Argentine votre pays natal, que vous apporte cette double culture ?

J'ai commencé à voyager j'avais six ans. Je suis partie d'Argentine à l'époque des militaires. Ma mère, qui est sculpteur et peintre, avait envie que ses trois filles connaissent autre chose que le machisme de l'époque. C'était un pays sous dictature, on en est partis tous les cinq et on a habité en Italie pendant trois ans. Beaucoup de cultures se sont croisées et quand on offre à un enfant la possibilité de parler d'autres langues, forcément l'esprit, les mentalités s'ouvrent. On apprécie beaucoup mieux après - enfin c'est ce que je ressens - la possibilité de pouvoir s'adapter un peu partout, grâce à tous ces voyages et à toutes les richesses de ces différentes cultures.

Vous allez bientôt partir en tournée, qu'est ce qu'on peut attendre d'un concert de Mercedes Audras ?

Hou la la, ça, je ne sais pas ! Il faudrait avoir l'avis de ceux qui sont déjà venus me voir sur scène. C'est un moment qui me plait énormémént et j'espère donner et que cela se ressente, que les gens ressentent le plaisir que j'ai sur scène.

Propos recueillis par Peggy Deweppe - - Janvier/Février 2007.

 
  DAISYPOPP - Selon l'humeur
Musique, pop, folles et plantes !

[ Mercedes Audras ] - [ @ 13:34:16 ] novembre 2006
Le retour le plus inespéré et inattendu de l'année ! Celui de Mercedes Audras. C'est un soir en regardant d'un oeil le JT de France 3 début novembre que j'entends "Mercedes Audras petite fée de la pop française blablabla est de retour avec un nouvel album". Improbable alors qu'on se demandait quelques jours plus tôt si elle était toujours vivante. Mercedes est bel et bien vivante grâce à son opiniâtreté et son talent. Les deux qui s'aiment sans doute l'album que l'on attendait le moins et celui qui nous fait le plus plaisir.
Mercedes Audras est d'origine argentine mais est arrivée à Paris très jeune. Elle a été choriste chez Daho sur la chanson 4000 années d'horreur. Dans la bande à la nouvelle pop française des années nonantes liée au Village Vert et à Lithium (Autour de Lucie, Dominique A, Katerine, Bertrand Betsch, ...) elle est celle qui est le moins sur le devant de la scène. Pourtant son premier album éponyme 1996 produit par Katerine est un joli disque de chansons certes très classiques (sa fameuse guitare sèche) mais très élégantes (Mon ange, Adonde, Fatiguée, ...). Elle collaborera par après avec Edith Fambuena (des Valentins) notamment sur ce nouveau disque. Je n'ai pas encore reçu l'album. Mercedes Audras m'a gentiment envoyé quelques chansons dont Les deux qui s'aiment (que je vous invite à aller écouter sur sa page Myspace) qui est le rayon de soleil de cet automne. Une chanson à la guitare énergique et au texte légèrement nostalgique mais très ensoleillé. Woouooooooo wouowouoooooooooooooooooooo ...


 
  Mercedes Audras « Les deux qui s’aiment »

Après quelques albums et une période d’écriture pour le Théâtre et le Cinéma (Pourquoi pas moi ), voici le grand retour de Mercedes, avec un album mi-français mi-espagnol, aussi frais et ensoleillé que ses origines Argentines.

LX - Novembre 2006

 
 

Mercedes Audras - Les deux qui s’aiment

Mercedes Audras est une artiste d’origine argentine, installée en France depuis sa tendre enfance. Sa musique est le reflet de cette double culture en espagnol et en français.
Depuis de nombreuses années elle joue, compose, chante pour le théâtre et le cinéma, on l’a entendue aux côtés d’Etienne Daho, Les Innocents ou Katerine. Mercedes Audras offre des sonorités pop-rock, des guitares électriques, des morceaux plein d’énergie (comme la surprenante reprise de « Perfidia ») mais elle sait aussi ralentir le tempo pour parler d’amour avec beaucoup de douceur (comme la belle « Cancion de Irina »). 12 titres arrangés également par sa complice Édith Fambuena.

 
 

Mercedes Audras va por 2

La cantante franco-argentina Mercedes Audras está actualmente en Buenos Aires, donde prepara el lanzamiento de su segundo disco, el primero en ser difundido en la Argentina.
Mercedes Audras se lanzó a la canción en los años 80 y en 1996 editó un primer CD en Francia ("Mercedes Audras", Village Vert - Columbia Sony Music) que gozó de buenas críticas. Autora de la mayoría de sus temas, firmó sin embargo algunas de las canciones con sus amigos, entre los que se encuentran miembros del conjunto (ahora separado) Les Innocents, Edith Fambuena (la musicalizadora de varios álbumes de Etienne Daho y cantante del conjunto Les Valentins, que había armado junto con el ahora solista Gérard de Palmas) y Philippe Katerine.
Luego de un show en el Museo de Artes Moderno de Buenos Aires, Mercedes Audras dará otro recital antes de volver a Francia en los primeros días de agosto. Los interesados pueden mandar un mail a nuestra dirección de correo electrónico, musifrance@sinectis.com.ar, y les informaremos la fecha y lugar de este concierto apenas se confirme.
También informaremos sobre el lanzamiento del CD en la Argentina, que contendrá versiónes en español de sus temas, junto con algunas canciones en frances. Los interesados pueden mientras tanto consultar el sitio de la cantante, presentado en francés y en castellano, donde se pueden conseguir todos los datos sobre su discografía : www.mercedesaudras.com

Cancion Francesa - - Julio 2005

 
 

CD 6 titres - Village Vert/Columbia

Dans la lignée d'une certaine aristocratie du rock hexagonal, il faudra dorénavant compter avec Mercedes Audras et son premier album sous bonnes influences (F. Hardy, M. Faithfull et Nico, L. Feron). Mais attention, il n'y a tromperie à aucun moment, le résultat étant fort intéressant, ludique et nuancé. On succombe au charme de ces mélodies acoustiques concoctées avec beaucoup de classe. A signaler, l'équipe talentueuse qui a contribué à la réussite de l'entreprise : Katerine, Valérie d'Autour deLucie, Edith des Valentins et les Innocents. Rien que cela.

Alain Birmann - - 30/07/2002

 
 

80 élèves du collège Louis-Armand de Nancy face au racisme, aux possibilités de réussir une intégration. Rencontre avec la chanteuse franco-argentine Mercedes Audras.


Ils n’ont eu qu’une petite demi-journée pour se préparer aux questions-réponses face à la chanteuse Mercedes Audras. Une jeune femme blonde au yeux gris-vert, de père français, de mère argentine et sculpteur, exilée dès l’âge de 6 ans d’abord en Italie puis en France.
Et qu’on découvre totalement quatre mois après la sortie de son premier album. Une « exilée », une « intégrée » qui donna un joli constat de son parcours d ‘adolescente puis de musicienne avant même que les collégiens ne manifestent leur « différences ».
Toute sa famille réussit à fuir la dictature en argentine : « Il n’y a pas eu de déchirement; j’étais petite mais sensibilisée aux problèmes de droits de l’Homme. J’ai appris d’autres cultures en même temps que d’autres langues et partout je me suis sentie chez moi. Cela n’a jamais été vrai pour ma mère en raison de son accent prononcé. Moi, je n’avais pas les problèmes des adultes, avec une certaine innocence je ne cherchais pas à savoir d’où venait celui qui était à côté de moi. ».
Julia, fille d’Italiens mais née en France, a un regard froid sur son parcours : non seulement elle ne serait pas contre une vie définitive dans la grande botte mais elle se sent depuis toujours pénalisée ici dans l’hexagone : « Mon nom fait rire alors que les souvenirs de mon grand-père me donnent envie de partir. Je ne suis même pas sûre d’avoir eu de vraies amies depuis l’école maternelle. On n’est pas seulement différents par ses origines mais aussi par ses opinions. Cela dit je me sens comme tout le monde mais fière de mes origines ».
Réponse péremptoire, opposée et toute aussi digne de Maradia : « Je suis Algérienne, née en France et les racistes ne me dérangent pas. Les autres sont Français et c’est peut être tant pis pour eux. Quand je suis en Algérie, pendant les vacances, on me prend pour une Française, on m’appelle l’immigrée. Or je n’ai pas envie d’être Française, ni ici ni là-bas. J’assume ».
Laura, vient de l’ex-Yougoslavie; voilà cinq ans elle ne parlait pas un mot de français et aujourd’hui elle dit la fuite de la guerre mais aussi la nostalgie du pays natal. Donatien le guadeloupéen n’a pas d’état d’âme : « On parle de mon pays avec les copains, parce qu’il y a le soleil tout le temps et les cocotiers; avec Radouane on compare aussi les cuisines et les religions; l’école de la métropole est une chance pour apprendre un métier ».
Mercedes Audras reprend le micro pour dire des choses fortes d’une voix bien douce : « Même si mes chansons ne délivrent pas de messages, il est important que les artistes parlent de racisme, des différences pour essayer de changer le malaise social. Le dire à la télévision n’est pas une publicité personnelle mais l’expression d’un besoin profond. Nos différences sont des richesses énormes et on ne devrait pas se poser la question de comment s’intégrer ». Les enseignants surenchérissent : il n’y a qu’une race, l’humaine, l’école est d’abord celle de la tolérance. Le débat tourne alors vers les nouvelles lois Debré, vers l’élection de Vitrolles, dérape dans les applaudissements contre l’extrême droite française. Mais c’est bien cette génération-là, celle des 12-15 ans, qui fera que l’intégration ne sera plus un sujet de débat, bientôt.

Paul Leboeuf 1997

 
 

Depuis son 45-tours de 1988, Mercedes Audras faisait de la résistance. Elle nous revient avec ses amours à rebours.

Un amour de Mercedes

Mercedes Audras chante les troubles obsédants avec entrain et audace. « Il faudra me faire à l’idée qu’enfin pour toi je compte autant », avance-t-elle dans Plus penser, le titre clef de son premier album (Columbia), écrit en espagnol et en français. Chez Mercedes Audras, les rêves assassinent les jours et les anges qui passent, visiblement, dérangent. « L’amour est un sentiment très compliqué, exprime-t-elle, le regard droit et gai. Les mots permettent d’en alléger la gravité. »
Depuis 1988 , date d’un 45-tours (La tête à l’envers) veillé par Etienne Daho, Mercedes Audras -mère argentine, sculpteur, père lyonnais, décorateur, deux sœurs, comédienne et réalisatrice- piétinait. « On a voulu faire de moi un produit de maison de disques. J’ai résisté, et vécu de petits boulots, avant de m’enfermer dans mon studio. » Elle fait ses classes avec la pop française (Etienne Daho, Les Innocents, Katerine, Dominique A., Les Valentins), qui l’accueille aujourd’hui une rime féminine. Mercedes, auteur -compositeur- producteur, impose sa voix chaude à une mélancolie aérienne et latine. Car dans son univers, à mi-chemin entre ballades et bosse-nova, interfèrent guitares acoustiques, cloches, tambourins, violons et mandolines.
Préparée depuis l’enfance à la vie de bohème-« Mes parents nous ont inculqué la passion artistique » -Mercedes Audras, jeune femme empreinte de pudeur et de retenue, utilise parfois sa langue natale comme garde –fou. Elle chantonne No me des la mano. Puis conclut : « Pour certaines chansons, le français aurait été de mauvais goût ».

Gilles Médioni - - 1996

 
 

A la fin des années 80, Mercedes Audras émergeait discrètement, le temps d’une chanson, puis s’éclipsait. Elle réapparaît ce mois-ci, munie d’un premier album gracieux sur lequel se sont penchées les bonnes fées d’une pop ouvragée, « à la française ». Les Innocents, Little Rabbits, Autour de Lucie et Edith Fambuena – guitariste de Daho et chanteuse des Valentins – peaufinent discrètement leur artisanat, sous la direction inspirée du producteur Philippe Katerine.
Derrière la voix appliquée mais touchante, la chanteuse d’origine argentine mêle langues française, espagnole et anglaise, les guitares sèches prennent de l’ampleur, les violons crissent doucement, les cuivres et percussions claquent comme il faut... L’humeur est douce-amère, passant de la nostalgie – des photos de famille parsèment le livret, bébés, poses sixties, couleurs jaunies – aux amours débutantes, mal assurées. De Mon ange à Adonde, la candeur parfois maladroite des textes se réchauffe au rythme des chansons – bossas ou balades douces comme des niches de chaleur en automne.

Françoise-Marie Santucci - - 26, 27 octobre 1996

 
 

Une ingénue endurcie fait l'inventaire de ses émois, de ses souvenirs, dans un premier album attachant.

La nouvelle Mercedes

En 1988, on pouvait lire : "Mercedes Audras est née à Buenos Aires... Elle joue de la guitare sèche mais déteste la pluie." Rien de tel pour vous confiner dans le créneau d'une pop niaise à la française. Rien de tel, également, pour transformer une jolie jeune fille en mièvre apparition. Pourtant, des Comateens d'hier (La tête à l'envers, premier single) aux heureuses rencontres de ce premier album (deux innocents pour quelques compositions, les voix féminines d'Autour De Lucie et des Valentins sur un refrain, Philippe Katerine un peu partout à la production), en passant par un Daho en ange tutélaire, le cheminement s'avère plus pertinent et sensible qu'on ne pouvait l'espérer. L'Argentine est dotée d'un joli filet de voix - quelque part du côté de Graziella de Michele - d'une douceur haut perchée. L'application naïve qu'elle porte à l'articulation et au support mélodique attendrit. Ses virevoltes incessantes entre français, espagnol et anglais, sans originalité mais avec chœurs, attisent l'attention. Malgré des parrains qu'on pouvait craindre envahissants, Mercedes Audras a su éviter le piège de la pose extatique. Mais, surtout, et en dépit de périlleux choix esthétiques (néo-Françoise Hardy, Marianne Faithfull hexagonale ?), elle se nourrit de ses faiblesses, de toutes ces histoires d'amour vaguement désenchantées, pour élaborer un univers personnel et discret. Les orchestrations à visage humain quelques notules d'un quatuor à cordes, un orgue irrésistible comme une lame de fond et, surtout, de somptueuses guitares acoustiques) ont la légèreté des boites à musique enfantines. Et on apprécie encore davantage les petites marques d'attention des arrangements : un carillon surréaliste, quelques piques de trompette bouchée, un désenchantement emprunté à Astrud Gilberto. Parfois à la frontière de l'easy-listening, Mercedes Audras aborde à pas menus la mélancolie de l'enfance évanouie et la vanité des relations amoureuses, sans jamais sombrer dans l'overdose du rose bonbon. cette gracilité constitue finalement un écrin judicieux pour des chansons faussement faciles, où on évoque des amours défuntes, des regrets embués, des rêves de petite fille. Comme une musique de chambre pastel, comme un rêve de midinette raffinée...

Chistian Larrède - - Septembre 1996

 
  POP. En compagnie de Doriand, autre nouveau venu, la chanteuse d’origine argentine présente ce soir en concert parisiens ses compositions acoustico-rock.

Les familles d’Audras

Il y a quatre ans, elle donnait son premier concert à la maison : les lieux parisiens restaient inaccessibles, ses parents ont dit banco. A Montrouge, le salon vidé, le jardin dégagé, elle a invité une centaines de personnes. Aujourd’hui, Mercedes Audras joue dans de vraies salles, mais sa familles suit toujours. Même sur le livret de son premier album, orné de photos sépia. Le père, la mère, les deux sœurs. Bribes d’une enfance à Buenos Aires, dont ses morceaux retiennent le violon du tango, les accords d’une bossa feutrée, frottés à des mélodies plus pop. Parfois, d’ailleurs, elle chante en espagnol. Nostalgie ? « Un peu. Mais ma vie est ici. Je ne me sens pas tiraillée entre deux cultures. »
1972. En Argentine, la dictature sévit. Le père travaille dans le théâtre, la mère est sculptrice, qui décroche une bourse en Italie. Le clan s ‘expatrie : « Ils voulaient qu’on connaisse autre chose. Un pays où les femmes soient libres de leur choix, sans être mariées à 25ans. » Milan, Rome, puis Paris. A 13 ans, elle reçoit sa première guitare, passe son bac à 18 ans et prend une année sabbatique. Qui dure toujours : « Je n’ai jamais travaillé » , dit-elle. La communauté Audras fonctionne ainsi. Des parents aux sœurs (l’une est réalisatrice, l’autre comédienne), tous partagent le même esprit bohème : le premier qui touche un cachet verse sa dîme au pot commun.
A la fin de l’adolescence, Mercedes Audras croise une étoile naissante : Etienne Daho, fan transi de Françoise Hardy, esquisse à peine son dessein pop, flanqué de sa future guitariste Edith Fambuena. Un nouveau lien se tisse. Grâce à eux, Audras ajoute à son panthéon personnel - Blondie, les Pretenders ou Tom Jobim – la musique d’ici et se pique au jeu : Elle écrira des chansons. En 1988, son premier 45 tours, La tête à l’envers, donne le ton : mélodies ciselées, petite touche british. Succès d’estime. Mais l’ombre de Daho est écrasante. Elle s’éloigne. « Pour faire l’album que je voulais. »
A son rythme de dilettante, ça prend huit ans. Le temps de dénicher une seconde famille musicale ; les Innocents, Dominique A. ou Philippe Katerine- à l’occasion d’un concert hommage à Jacques Demy-, et d’assembler ses chroniques légères et désabusées d’amours condamnées, qu’elle se refuse à décortiquer, lâchant juste, dans un demi-sourire : « C’est difficile de vivre avec quelqu’un. »
Sur scène, son canevas pop s’épure. La formule acoustique sert au mieux sa voix fluette, soutenue par trois musiciens- dont un violoniste de talent. Jusqu’ici, l’expérience est rare : quelques premières parties, et l’espoir d’une tournée française à la rentrée. Pour soutenir les ventes de l’album (à peine 10 000 exemplaires), elle enregistre ce week-end son premier clip, Fatiguée. La mise en place fut longue, les scénarios ne convenaient pas : « On donne toujours des chanteuses une image gnangnan. » La solution ? Un cadrage serré, où, « peu à peu, des tas de gens viendront me rejoindre ». Une photo de famille, en somme. A l’image du concert de ce soir, où Mercedes Audras attend un invité surprise, et du prochain album, qu’elle brûle de réaliser dès l’été. Entourée de très bons amis.

Françoise-Marie Santucci - - 17 juin 1997

 
 

Après avoir collaboré avec la France entière ou presque (Daho, Valentins, Innocents, Autour de Lucie) et les meilleurs de la sweet pop (Pritchard, Comateens), la belle Mercedes se décide enfin à nous livrer son premier opus. Cette première tranche n’est pas un brouillon, loin s’en faut. On voudrait en avoir des comme ça tous les jours, pour nous mettre un sourire aux lèvres les matins chagrins. Elle nous dit simplement la vie, les amours, les joies, les petits malheurs.
Juste le triste qu’il faut pour ne pas tomber dans la dépression. Quelques mots en français, d’autres ne espagnol, et enfin, la cerise sur le gâteau : « The fairest of the seasons », superbe reprise de Nico…
On est pressés de la voir en concert sous notre ciel pluvieux, histoire de se dire qu’ailleurs peut être, il fait beau...

ZM - RIF-RAF musiczine - Belgique - Mars 1997

 
 

Difficile de trouver un titre adéquat pour la chronique de ce disque. A vous de choisir : « L’invitation au voyage d’une Mercedes de charme ; L’esprit de famille d’une certaine chanson au féminin ; Le « J’entends plus la guitare » de Philippe Garrel revu par Mercedes Audras ». le premier album solo de Mercedes Audras fait l’effet d’une perle rare découverte par un plongeur dans les profondeurs des eaux limpides d’un océan digne d’un paradis terrestre. Laissez-vous donc emporter par la voix de cette chanteuse au gré des courants d’harmonies propices à l’évasion. Et, cette nouvelle venue n’en est pas vraiment une : 1984, bassiste avec le groupe Power Game ; 1986, chœurs sur l’album « Pop Satori » d’Etienne Daho ; 1989, chœurs sur l’album de Bill Pritchard.

Fabrice Ponthier - LE GRAND HUIT - Novembre 1996

 
 

MERCEDES AUDRAS
Le genre appartient à Françoise Hardy, comme le record du saut en longueur a appartenu pendant vingt-cinq ans à Bob Beamon avant que Mike Powell ne finisse par le pulvériser. Il n’est pas interdit de penser qu’une jeune rêveuse vienne un jour mettre un terme à l’abusive séquestration d’une certaine chanson française joliment languissante par la grande saucisse pro-barriste. Mercedes Audras sera-t-elle celle-là ? Sur son premier album éponyme coproduit par Philippe Katerine, elle jette de prometteuses passerelles entre les deux époques, réservant à l’enfance une part conséquente de ses émois, jouant de la mélancolie avec une légèreté de harpiste, s ‘attaquant avec courage, et peu de voix, à la vieille dentelle d’âme de Fairest of the seasons (Nico).
L’ensemble, fleuri par une instrumentation à la fois riche et variée, éclairé d’une délicate et romantique phosphorescence, rappelle souvent The Shelleyan Orphan et c’est tout sauf une injure.

- Septembre 1996

 
 

MERCEDES AUDRAS : un ange passe

Mercedes Audras ressemble aux héroïnes de « l’Age des possibles ». Pudique, fragile, têtu, son premier disque séduit par son charme monocorde. Serait-ce parce que Mercedes est d’origine sud-américaine ? Sa pop acoustique évoque Elli Medeiros, période Stinky Toys. Ici, Audras s’est entourée des Innocents, d’Edith Fambuena des Valentins et du Nantais Katerine. Elle chante en français, en anglais ou en espagnol, et quand elle vous dit « Mon ange », on la croit.

- Septembre 1996

 
 

La Tête à l'envers date de 1988 : c'était le premier single de Mercedes Audras. Depuis, on était sans nouvelles de la douce Argentine. Aujourd'hui elle revient, premier album en main et tête solidement vissée sur les épaules. Car Mercedes a toujours eu le talent de savoir s'entourer.
Pour ses premiers pas, elle flirtait déjà avec la bande à Daho. La voilà à présent entre Philippe Katerine et deux des Innocents, Jean-Christophe Urbain et Jipé Nataf. Le premier coproduit l'album, les deux autres cosignent trois titres. Sans compter qu'ils officient également aux guitares, basses, orgue, piano, marimbas, accordéon... et enfin aux chœurs ! Jolie contribution.
Sobres et quotidiennes, les chansons de Mercedes. Elles retracent les sentiments confus, les revirements amoureux, les doutes et les découvertes pas à pas. "N'oublie pas pourtant qu'il me faudra du temps / Pour me faire à l'idée / Qu'enfin je compte autant". A naviguer entre français et l'espagnol, on devine chez elle l'envie de se livrer un peu plus dans sa langue maternelle , d'y compter plus librement l'amertume des histoires qui s'effilochent ("El miedo de ver, de sentir ya el final que nos va a pasar, sentimientos ya no hay"). Mercedes n'aime ni les étiquettes ni les barrières. A l'occasion, la jeune femme se frotte ainsi à l'anglais avec une reprise de Nico, l'égérie du Velvet Underground. Ses références traînent du côté des années soixante.
Derrière ses mélodies pop, ses arrangements légers, et sa voix fluette, on sent du reste poindre l'influence discrète d'une Françoise Hardy. De même que l'influence et le soutien d'une famille d'artistes (mère sculpteur, sœurs comédienne et réalisatrice). Une famille unie, à en croire les vieilles photos de vacances qui tapissent le livret.

Pascale Hamond- - Avril 1997

 
 

Hidden Songs

No se me ocurre otro epítome más conciso, original y brillante para poner colofón a los diez años de trayectoria musical de la distribuidora y discográfica sevillana Green Ufos que la ideada por ellos mismos y motivo de estas líneas. Concebida inicialmente como una recopilación de temas “escondidos”, por el hecho de no haber sido vendidos al menos cien veces, fue finalmente aliñada por cortes más o menos desconocidos de los auténticos pesos pesados del sello, además de por otros cuya posibilidad de distribución se malogró en su momento. El equipo de Rafa López asume su cuota de responsabilidad y pone al mismo tiempo sobre la mesa unas razones que son cualitativamente contundentes en la interpelación -vaya canciones-, y elegantes hasta lo impecable en la dialéctica, por aquello recién comentado de utilizar con valentía el extremo, que desnudo resalta el concepto.

Para intentar poner en orden los distintos riachuelos de emociones capaz de alimentar el generoso “Hidden songs” (más de 78 minutos de música por partida doble), no hay más que remontar cual salmón unos y otros cursos y analizar su nacimiento: la coartada nostálgica podría sustentarse en el encanto lo-fi imperecedero de Delaney (algo así como los mejores momentos de Elastica en versión francesa), la explosión bohemia y decadente de la melodía propuesta por Edson (flaco favor hizo la portada de aquel disco) o el pop íntimo, orquestado de Butterfly child y elegante de The bitter springs; la sentimental y absolutamente subjetiva viene dada por la sorpresa de servidor al descubrir la inclusión de algunas canciones que parecen sacadas directamente de mi colección de favoritas, a saber: ‘Wheats’ de Mazarin, radiante, nostálgicamente trotona y que poseo (también) en single de vinilo, ‘Going to everglades’, con todo el encanto de los alocados Herman Düne, y ‘Hey! It’s a beautiful day’, la deliciosa mezcla de pop sesentero de coros con una pizca de lounge de The Cherry Orchard; y la inquietud permanente y el ansia de descubrimiento se podrían saciar con algunas de las novedades últimas y más excitantes del mundo ufo: el sintetizador spectoriano de The Russian Futurists, Byrne o la postrer esperanza surgida de Rocket Girl, todo refinamiento, el talentoso cantautor sueco Jens Lekman, y la voz confusa en sexo que adorna los cuentos preciosamente musicados de Jeff Hanson.

Pero, naturalmente, no acaban ahí las razones. En una retahíla ecléctica, detallosamente secuenciada, manejando a la perfección tempos, estados de ánimo y las transiciones entre ellos, tienen cabida el pop suave y ensoñador, ligeramente espacial, de Blessed light, The Arrogants, y, admitiendo matices, de uno de los actuales dominadores del invento, Coldharbourstores (irresistibles los ecos a Bark Psychosis en la producción de Graham Sutton), el folk de primeros espadas como Edith Frost o Damien Jurado, el power pop de sacudidas eléctricas de Versus (piensen en los Posies tomando el sol) y el colorista y más optimista de The Salteens (cuántos podrían tomar nota de cómo sortear el aburrimiento en el género …), el techno-pop de Holm o Future Bible Heroes, la candidez perfecta en la manufactura de Essex Green y Superheroes, la recreación disco de Charming… Por otro lado, y haciendo hincapié de nuevo en el leitmotiv de esta colección, no puede uno más que llevarse las manos a la cabeza ante el sino comercial de Enon y su estilizada figura, el de la sensibilidad y calidez de Lovers, el de la gótica sureña de Black Heart Procession -aquí presentes con un tema de su mejor disco, “2?-, y el de la competidora oficial al trono femenino del folk Mirah, que incluye una de las canciones más atractivas de 2004, ‘The dogs of B.A.’.

Por último, y respecto a los otros ocultos, habría que comentar que la aparición de aquellos que desplazan más la aguja en la báscula no puede sino generar un entusiasmo sin concesiones. Rebuscando en sus respectivos baúles, Dominique A luce una cenefa de guitarras estrenada en una cinta distribuida durante la gira francesa de octubre de 2001 y en España regalada posteriormente, en una cantidad ínfima, por Green Ufos (la conservo como oro en paño); Diabologum rescatan un corte de un single del 94 que muestra la genialidad ya germinada de una formación por entonces arty; Françoiz Breut recupera una colaboración con Mercedes Audras, de resultado distinguido, cortante y bello, creada para colaborar con una fundación que promueve la donación de órganos; y Peter Parker Experience -una pista: quédense con la tercera palabra- recrean la inolvidable ‘Schizophrenia’ de Sonic Youth, con una espectacular traslación acústica a dos guitarras de su final cáustico.

Podría echarse en falta un poco de rock, que seguro que cumple las condiciones de ingreso algún que otro grupo de sellos como Prohibited, Constellation, Kill Rock Stars (o su subsidiaria 5 Rue Christine), Southern o Touch and Go. Más fuerza. Otro tipo de sonido que pediré en la postal que se incluye dentro del disco a fin de confeccionar popularmente un segundo volumen de esta entrega. Y una vez adentrados en las objeciones personales, incluso podría hacer referencia a un tirón de orejas que la evidencia ha terminado por frustrar: pensaba en ‘Sister ice’ de Archer Prewitt como fija en la selección, pero su sustitución por ‘The race’, otra que tal baila del mismo autor en el mismo disco, me hace callar. Lo mismo podría decir sobre Faris Nourallah.

”Hidden songs”. Pueden tomarlo como una lista de discos a comprar, como un libro de historia contemporánea con un artwork encantador (los dibujos de la Breut), o, sencillamente, como 41 canciones de diferentes estilos, todos concéntricos al pop, construidas con mimo y al más alto nivel, dispuestas con tacto, y escandalosamente maltratadas en cuanto a repercusión. Un discurso emocionante.

Jöse -

 
 

Comme un seul homme

Sur cette compilation dont le but est de sensibiliser au don d'organes, Labels a réuni une fort belle brochette d'artistes français, de la nouvelle génération (Ignatus, Diabologum, The little Rabbits, Mercedes Audras, Mathieu Boogaerts, Autour De Lucie, Silvain Vanot, Dominique A, Superflu...) à d'autres plus confirmés (Fabulous Trobadors, Jean-Louis Murat, Pascal Comelade, Daniel Darc, Married Monk, Charlélie Couture, Fred poulet, Louis Philippe...). Qu'ont en commun tous ces gens-là ? A n'en pas douter une certaine exigence musicale et pas mal d'intégrité également.
Cette compilation dont le concept de départ est le duo s’avère donc de très bonne tenue, avec quelques réussites exemplaires. Ainsi, Autour De Lucie et Katerine lancent un Si nous étions des amants, et on se prend à avoir des envies de voyeurisme auditif. Silvain Vanot, associé à Polar pour un poignant Chanson/refrain, gagne une intensité qu'il a du mal à atteindre en solo. Miossec, accompagné par quelques accords d'un Pascal Comelade toujours aussi brillant de sobriété et d'évidence, refigure (à jun ?) Johnny : Ma gueule est pas mal du tout finalement.

Accessits pour Daniel Darc et Diabologum dont le Et si nous n'avions pas été là en forme de torture existentialiste confirme le tournant ardu mais au combien intéressant pris par les Toulousains. Married Monk et Superflu s'exclament Nous voilà beaux, et c'est vrai, ce titre est de toute beauté, entre fraîcheur harmonique et réminiscences sixties. On notera également Arielle & Les Innocents qui croisent leurs Doigts avec pudeur. Tant d'organes talentueux devraient, en définitive, réussir à flatter vos ouïes.

Thomas Le Goff -

 

 

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